La zone RAMSAR "Rhin supérieur - Oberrhein"


La Convention de Ramsar
La Convention sur les zones humides (dite "Convention de Ramsar") est un traité intergouvernemental qui sert de cadre à l'action nationale et à la coopération internationale en matière de conservation et d'utilisation rationnelle des zones humides (fleuves, plans d’eau, marais, zones alluviales, estrans maritimes, etc.) et de leurs ressources. Adoptée en 1971 à Ramsar, en Iran, elle est entrée en vigueur en 1975. C'est le seul traité mondial de l'environnement qui porte sur un écosystème particulier.

La Convention compte, actuellement, 169 Parties contractantes (dont la France, qui a ratifiĂ© ce texte en 1986), qui ont inscrit 2288 zones humides pour une superficie totale de 220 millions d'hectares, sur la Liste de Ramsar des zones humides d'importance internationale. Parmi les sites Ramsar recensĂ©s dans le monde, 20 seulement concernent des zones transfrontalières. Le site Ramsar « Rhin supĂ©rieur – Oberrhein Â», de Bâle Ă  Karlsruhe, en fait partie.


Le Rhin supérieur désigné comme "Site Ramsar"

Carte Rhin supérieur RAMSARCarte Rhin supérieur RAMSARLe site « Rhin supérieur – Oberrhein » qui s’étend le long du fleuve de part et d’autre de la frontière entre la France et l’Allemagne, s’est vu décerner par le secrétariat de la Convention de Ramsar (Gland, Suisse), en date du 5 septembre 2008, le label de zone humide d’importance internationale au titre des zones humides. La nouvelle a été annoncée officiellement au cours de la 10ème conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar qui s’est tenue du 28 octobre au 4 novembre 2008 en Corée du Sud. Le Rhin supérieur est ainsi devenu le 9ème site transfrontalier de la liste Ramsar. Cette distinction consacre la grande richesse de ces milieux, leur importance culturelle et leurs fonctions hydrologiques.

 
La zone (identifiĂ©e comme site RAMSAR n° 1809 cĂ´tĂ© Bade-Wurtemberg, et site RAMSAR n° 1810 cĂ´tĂ© Alsace) s’étend de part et d’autre du Rhin sur une distance de 190 km depuis Bâle / Village Neuf  (F) et Weil am Rhein (D) au sud, jusqu’au niveau de Lauterbourg (F) et Karlsruhe (D) au nord. Elle couvre 47.530 ha, avec respectivement 22.413 ha en France et 25.117 ha en Allemagne. Ses limites correspondent Ă  celles du rĂ©seau de sites communautaires Natura 2000 sur la bande rhĂ©nane, englobant aussi bien les zones ZSC (Directive Faune - Flore - Habitat) que les ZPS (protection des oiseaux).

 

Le label Ramsar n’implique pas le classement en réserve de nouvelles zones, le régime de protection étant assuré sur le plan national par la législation communautaire. Par contre, afin de préserver la valeur écologique du site, les acteurs et décideurs doivent s’accorder sur les principes d’une utilisation rationnelle.


Cette reconnaissance du site comme zone Ramsar transfrontalière est un label valorisable par les communes riveraines pour sa promotion. La mise en cohérence mutuelle de la gestion de ces zones confère à la coopération franco-allemande un nouvel enjeu et permet d’y promouvoir des projets communs en faveur de la protection, de la conservation et du développement de la faune et de la flore. Cette reconnaissance internationale facilite également la gestion concertée des écosystèmes spécifiques au Rhin, sur la base du principe de « l'utilisation rationnelle ».

Pourquoi le Rhin ?

Le Rhin et les zones humides de son ancien lit majeur ont été désignés pour leur richesse en espèces (260 espèces d’oiseaux, 40 espèces autochtones de poissons, etc.), pour leur importance comme zone d’hivernage des oiseaux d’eau, pour la faune piscicole, pour la valeur de leurs paysages et pour la présence d’une nappe d’eau souterraine très importante (l’un des plus grands réservoirs d’eau potable en Europe). La présence de 50 à 60000 oiseaux d’eau hivernants sur la zone a été un des critères déterminants pour son inscription sur la Liste Ramsar.

Intérêt des comptages d’oiseaux d’eau hivernants pour la zone RAMSAR du Rhin supérieur

L’un des objectifs des instances RAMSAR locales a été d’harmoniser les pratiques sur la zone transfrontalière, y compris pour les aspects biodiversité. L’effectif des oiseaux d’eau hivernants a été retenu comme l’un des indicateurs permettant de mesurer la biodiversité de la zone RAMSAR du Rhin supérieur. Et c’est tout naturellement le résultat du comptage international Wetlands qui a été choisi comme indicateur. Dès lors, il devenait indispensable de disposer d’un comptage commun et exhaustif des oiseaux d’eau hivernants sur l’ensemble du périmètre concerné, à savoir le cours du Rhin proprement dit, ainsi que les zones humides de son lit majeur en rives française et allemande.

Début 2013, les instances RAMSAR locales ont sollicité la LPO Alsace (1) et les associations allemandes de la F.O.S.O.R. (2) et de l’OAG Karlsruhe (3), pour réfléchir à une nouvelle organisation des comptages rhénans, impliquant une nécessaire coordination entre équipes françaises et allemandes, avec l’objectif d’aboutir à un comptage unique effectué en commun, au lieu de comptages menés jusqu’alors « en parallèle » par chaque pays !

 

Au courant de l’année 2013, les responsables des comptages d’oiseaux d’eau hivernants au sein des trois associations concernées (Bernhard DISCH pour la F.O.S.O.R., Jochen LEHMANN pour l’OAG Karlsruhe et Christian FRAULI pour la LPO Alsace) ont pris contact, et se sont rencontrés à plusieurs reprises pour travailler sur le projet.
Ces réunions ont permis de définir progressivement les principes de la nouvelle organisation des comptages, ainsi que les modalités pratiques à mettre en place, la tâche la plus ardue ayant bien sûr été l’harmonisation des limites des secteurs de comptage rhénans respectifs (à l’origine, ces limites avaient été définies différemment d’un pays à l’autre).

Les principales dispositions adoptées sont résumées ci-après :

  • mettre en place des Ă©quipes mixtes franco-allemandes pour effectuer un seul comptage en commun sur les secteurs concernĂ©s
  • harmoniser toutes les limites des secteurs rhĂ©nans respectifs (notamment en crĂ©ant des sous-secteurs de comptage)
  • compter sĂ©parĂ©ment le cours du Rhin proprement dit, les zones humides latĂ©rales du lit majeur y compris les plans d’eau (gravières), de chaque cĂ´tĂ© du fleuve, pour obtenir des rĂ©sultats cohĂ©rents pour la zone RAMSAR
  • organiser une rĂ©union rassemblant les coordonnateurs après rĂ©ception de tous les rĂ©sultats de comptage ; cette rĂ©union a pour but de vĂ©rifier et compiler les rĂ©sultats respectifs, et de valider les rĂ©sultats par espèce et par secteur
  • chaque association communique (comme avant) les donnĂ©es brutes du comptage Ă  son coordonnateur national
  • les rĂ©sultats relatifs Ă  la zone RAMSAR du Rhin supĂ©rieur qui sont communiquĂ©s aux instances RAMSAR nationales, sont, eux aussi, le fruit du travail d’harmonisation effectuĂ© un commun par les coordonnateurs rĂ©gionaux
  • enfin, la LPO a donnĂ© son accord pour que le rĂ©sultat final du recensement effectuĂ© en commun sur le cours du Rhin, soit communiquĂ© Ă  Wetlands International par les associations badoises.

Photo Marc SolariPhoto Marc Solari

Des comptages d’oiseaux d’eau sans frontière

Après un comptage « expérimental » en janvier 2014, les recensements effectués en janvier 2015 et 2016 ont permis de consolider l’harmonisation des secteurs de comptage respectifs, de perfectionner le protocole de comptage, et de se partager au mieux le travail entre équipes alsaciennes et badoises.

Il est désormais possible de transmettre aux instances Ramsar nationales ainsi qu’à Wetlands International (4), un résultat fiable et unique par espèce pour le site Ramsar « Rhin supérieur – Oberrhein ».

Rappelons que ces comptages sont assurés par près de 120 bénévoles des 3 associations, ainsi que par des bénévoles de l’A.P.O.E. de Hégenheim (5), des agents de l’ONCFS (6), et à compter de janvier 2016, des agents du Service des Espaces Verts de l’Eurométropole.


RĂ©sultats des comptages

A l’initiative du service Environnement du Conseil Régional Grand Est (partenaire des instances RAMSAR locales), ces résultats sont publiés sous la forme de plaquettes qui sont distribuées chaque 2 février, lors de la Journée Mondiale des Zones Humides.

 

 

 

Comptage d'oiseaux d'eau sur les bords du Rhin - Photo Jean-Marc BronnerComptage d'oiseaux d'eau sur les bords du Rhin - Photo Jean-Marc BronnerChaque annĂ©e au mois de janvier, l’ensemble des zones humides d’Europe (baies, estuaires, zones humides littorales, plaines alluviales, fleuves, plans d’eau, marais, deltas et carrières en eau) sont arpentĂ©s par des ornithologues qui dĂ©nombrent l’ensemble des oiseaux d’eau : c’est le comptage international d’oiseau d’eau « Wetlands  Â», qui a dĂ©butĂ© pour la première fois en 1967, d’abord sous les auspices du BIRS (Bureau International de Recherche sur la Sauvagine), puis du BIROE (Bureau International de Recherche sur les Oiseaux d’Eau et les Zones Humides) et enfin, de Wetlands International.

 

Ce gigantesque comptage mobilise chaque année des milliers d’ornithologues amateurs ou professionnels et permet d’identifier les principaux sites d’hivernage, sites d’étape importants pour de nombreuses espèces. A la seule échelle de la France, le flux annuel des oiseaux d’eau hivernant sur l’ensemble des zones humides représente en moyenne 2,5 millions de canards, oies, foulques, mouettes et autres grèbes.

 

La coordination du comptage annuel
des oiseaux d'eau
est possible grâce au soutien d'EDF

 


Pourquoi compter les oiseaux d’eau ?

L’estimation de la taille des populations de chaque espèce d'oiseaux d'eau constitue un des objectifs de ces comptages : les donnĂ©es collectĂ©es alimentent les banques de donnĂ©es nationale et internationale de Wetlands International, mais aussi notre base rĂ©gionale, permettant d’évaluer les tendances des effectifs, ainsi que la distribution des populations et leurs Ă©volutions.

 

Par ailleurs, ces comptages fournissent des informations sur l’importance relative des sites Nette rousse (mâle) - Photo Jean-Marc BronnerNette rousse (mâle) - Photo Jean-Marc Bronner
d’hivernage. Ces informations sont essentielles Ă  l’identification des sites prioritaires pour la conservation, notamment par l’application de seuils numĂ©riques sur le nombre d'oiseaux prĂ©sents :  ce sont les critères dits de « Ramsar Â» qui contribuent Ă  identifier les Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux (ZICO). Dans l’Union EuropĂ©enne, ces zones ont vocation Ă  ĂŞtre dĂ©signĂ©es en Zones de Protection SpĂ©ciales (ZPS) au titre de la Directive Oiseaux de 1979, et gĂ©rĂ©es de manière adĂ©quate pour permettre le maintien des populations d’oiseaux qui ont justifiĂ© leur classement.

Les données de comptage sont donc à la base de l’inventaire du réseau des sites ornithologiques majeurs à protéger en priorité.

 

 

 


En Alsace

A l’échelon régional, les premiers comptages ont été réalisés au début des années 1970 dans le Haut-Rhin (Ligue haut-rhinoise pour la Protection des Oiseaux), puis étendus à compter de 1976 à l’ensemble du cours du Rhin entre Bâle et Lauterbourg (Centre d’Etudes Ornithologiques d’Alsace, aujourd'hui groupe scientifique de la LPO Alsace), sous l'égide de Wetlands International.

A la mi-janvier de chaque année et durant tout un week-end, une centaine de volontaires de la LPO Alsace arpentent le Rhin de Lauterbourg à Bâle, mais aussi les sites extra-rhénans (gravières, rivières, marais et plans d’eau) et notent méthodiquement toutes leurs observations, qui concernent une cinquantaine d’espèces d’oiseaux d'eau.

De par son statut frontalier, le cours du Rhin constitue un site Ă  part dans le paysage français : en effet, les associations voisines du pays de Bade comptent Ă©galement les mĂŞmes secteurs, et durant plusieurs annĂ©es, le rĂ©seau de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) assurait Ă©galement ses propres comptages. Depuis 2011, l'ONCFS met Ă  disposition quelques agents pour le comptage Wetlands, qui sont, soit intĂ©grĂ©s aux Ă©quipes LPO, soit assurent seuls la couverture de l'un ou l'autre sous-secteur rhĂ©nan. Toutes ces donnĂ©es sont confrontĂ©es, dans la mesure du possible, Ă  l’échelon rĂ©gional, avant transmission Ă  Wetlands International.

 

Très rapidement, les comptages ont mis en évidence que la vallée du Rhin (Rhin et zones humides attenantes) est un site d’hivernage majeur pour les oiseaux d’eau, puisque après la Camargue, il s’agit du plus important de l’hexagone. Plusieurs espèces y dépassent le seuil de 1% des effectifs totaux de leur aire d’hivernage, élevant le Rhin franco-allemand au rang de zone humide d’importance internationale, selon les critères de la convention de Ramsar.

En 2013, la LPO Alsace et les associations badoises de la FOSOR (1) et de l'OAG Karlsruhe (2) ont été sollicitées par les instances Ramsar locales pour étudier la possibilité d'effectuer ensemble le comptage du cours du Rhin transfrontalier. Après concertation, les trois partenaires se sont mis d'accord pour mettre en place une nouvelle organisation des comptages dès janvier 2014, ces derniers étant désormais effectués en commun. Grâce à cette coopération transfrontalière exemplaire, il est dorénavant possible de fournir un résultat unique, cohérent et fiable des effectifs hivernants rhénans à Wetlands International, mais aussi aux instances Ramsar nationales pour le site RAMSAR du "Rhin supérieur - Oberrhein". Pour plus d'informations sur la zone RAMSAR du Rhin supérieur, les comptages transfrontaliers, et les résultats des comptages d'oiseaux d'eau hivernants pour cette zone, voir l'article consacré à ce sujet.

 

            (1) Fachschaft fĂĽr Ornithologie SĂĽdlicher OberRhein
             (2) Ornithologische ArbeitsGemeinschaft Karlsruhe

 


Quelques données chiffrées

Cygne tuberculé et grèbe jougris (plumage d'hiver) - Photo Jean-Marc BronnerCygne tuberculé et grèbe jougris (plumage d'hiver) - Photo Jean-Marc Bronner
Durant la dernière dĂ©cennie, chaque hiver, entre 50 000 et 90 000 oiseaux d’eau ont Ă©tĂ© comptabilisĂ©s dans la vallĂ©e du Rhin. Tout en restant significatifs, ces chiffres sont en baisse par rapport Ă  ceux des comptages initiaux, oĂą l’on atteignait rĂ©gulièrement des totaux de 100 000 oiseaux en janvier au cours des annĂ©es 70 et 80.

Les oies hivernantes sont également dénombrées. Les résultats sont présentés dans les actions par espèce.

Remercions ici le travail considérable de tous les bénévoles, fidèles au rendez-vous de janvier depuis de nombreuses années. Sans eux, aucun projet de conservation ou de précision sur le statut d’espèces peu connues n’aurait été possible.

 

 


Chacun peut participer Ă  ce grand comptage annuel : il suffit d’être motivĂ© et d’avoir quelques connaissances sur l’identification des oiseaux d’eau. Dès l’automne, vous pouvez contacter les coordinateurs rĂ©gionaux pour vous porter volontaires.

Vos contacts :

Bas-Rhin :
Christian Frauli
Coordination Wetlands
Tél. : 06 86 08 34 72
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Haut-Rhin :
Laurent Waeffler
Refuges LPO - Coordination Wetlands
Tél. : 03 88 22 07 35
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 


Les bilans annuels

Synthèse et comparatifs

 PĂ©riodes  Moyenne
2001-2009
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Sites rhénans 54158 57598 60525 56400 44978 44291 41169 37943 42456 31515
Sites extra-rhénans 13866 18104 24435 27759 31803 24590 24312 23037 25523 21318
Total toutes espèces 68024 75702 84960 84159 76781 68881 65481 60980 67979 52833
Total anatidés et foulques - - - - - - 58819 54878 60081 44674
Tendance (par rapport à l'année
précédente)

 

Comptage de janvier 2018

Le comptage d’oiseaux d’eau hivernants « Wetlands international 2018 » a pu être réalisé grâce à la mobilisation de 75 compteurs bénévoles du réseau LPO, avec la participation de 7 agents de l’ONCFS, de 6 bénévoles de l’A.P.O.E. de Hégenheim, et de 2 agents des services des Espaces Verts de l’Eurométropole.
La totalité du cours du Rhin a pu être couverte, ainsi que près de 205 polygones de comptage (*) extra-rhénans. Certains secteurs rhénans ont du être comptés dans la semaine qui a suivi la date officielle du comptage, en raison d’un brouillard persistant qui a sévi le dimanche 14 janvier.

(*) Cette notion de polygone de comptage est liée au redécoupage des sites extra-rhénans, lors de leur digitalisation dans le nouveau module de saisie des données WI, disponible sur Faune Alsace depuis Janvier 2018.

 

Comme les quatre hivers précédents, le comptage rhénan a été effectué en étroite collaboration avec les associations badoises de la F.O.S.O.R. (de Huningue à Gambsheim) et de l’OAG Karlsruhe (au N de l’embouchure de la Murg).

En plus des 44 674 anatidés & foulques comptabilisés sur les 22 secteurs rhénans et l’ensemble des sites extra-rhénans recensés, ont également été comptabilisés :

  •  3 843 autres oiseaux d’eau (plongeons, grèbes, cormorans),
  •  4 279 ardĂ©idĂ©s, rallidĂ©s, limicoles, laridĂ©s et passereaux remarquables liĂ©s aux milieux aquatiques,
  •  37 anatidĂ©s Ă©chappĂ©s de captivitĂ©.

 

Voici le TOP 3 des espèces en janvier 2018 :
1.    le canard colvert : 14175 ind. (en très forte baisse par rapport Ă  2017)
2.    le fuligule morillon : 10 463 ind. (effectif stable par rapport Ă  2017)
3.    la foulque macroule : 4 634 ind. (en lĂ©gère baisse par rapport Ă  2017)

 

Quelques faits marquants de ce comptage :

On retiendra avant tout une chute spectaculaire des effectifs hivernants, les plus faibles enregistrés depuis que ces comptages sont réalisés, notamment sur le cours du Rhin (-25% par rapport à l’hiver précédent), mais aussi, dans une moindre mesure, sur les sites extra-rhénans. Après un « sursaut » en janvier 2017, la tendance à la baisse constatée depuis près d’une décennie se confirme de manière brutale. Faut-il y voir une conséquence (parmi d’autres) du réchauffement climatique, avec des hivers de plus en plus doux qui retiennent l’avifaune hivernante dans des contrées plus au nord que l’Alsace ? Au vu des résultats, on serait à même de le penser…

Les effectifs recensés pour certaines espèces sont parfois en très forte baisse : outre le canard colvert, cela a également été le cas pour le canard siffleur, le canard chipeau, le fuligule milouin, le garrot à œil d’or, l’oie des moissons ou encore le grèbe huppé … pour ne citer que ceux-là.

L’effectif régional de cygnes chanteurs n’était que de 38 individus à la mi-janvier (contre 142 ind. l’année précédente) ! Par contre, la bernache du Canada (+35% par rapport au comptage de janvier 2017) est une nouvelle fois en très nette augmentation.

Enfin, côté « raretés », citons la présence de 2 fuligules nyrocas, 3 macreuses brunes, 4 harles huppés, 3 plongeons imbrins, 6 grèbes esclavons, ainsi que 1 goéland à ailes blanches !

 

 

Pour consulter les bilans des comptages précédents, cliquer sur "Suivant"

 

 


Comptage de janvier 2017

Le comptage d’oiseaux d’eau hivernants « Wetlands international 2017 » a pu être réalisé grâce à la mobilisation de 78 compteurs bénévoles du réseau LPO (dont 8 salariés LPO), avec la participation de 9 agents de l’ONCFS (3 dans le Haut-Rhin et 6 dans le Bas-Rhin), de 7 bénévoles de l’A.P.O.E. de Hegenheim, et bien sûr en collaboration avec les collègues badois de la F.O.S.O.R. (30 compteurs) et de l’O.AG Karlsruhe (6 compteurs). Quelques nouveaux volontaires ont soit formé une nouvelle équipe, soit été intégrés dans différentes équipes de compteurs chevronnés. La totalité du cours du Rhin a pu être couverte, ainsi que 130 sites extra-rhénans, sur les 143 sites identifiés à ce jour ; parmi ces 130 sites, 17 étaient partiellement ou complètement pris par le gel.

Comme les trois hivers précédents, le comptage rhénan a été effectué en collaboration avec les associations badoises de la F.O.S.O.R. (de Huningue à Gambsheim) et de l’OAG Karlsruhe (au N de l’embouchure de la Murg).

En plus des 60 081 anatidés & foulques comptabilisés sur les 22 secteurs rhénans et l’ensemble des sites extra-rhénans recensés, ont également été comptabilisés :

  • 4 352 autres oiseaux d’eau (plongeons, grèbes, cormorans), ainsi que 3 489 ardĂ©idĂ©s, rallidĂ©s, limicoles, laridĂ©s et passereaux remarquables liĂ©s aux milieux aquatiques
  • 57 anatidĂ©s Ă©chappĂ©s de captivitĂ©.

Voici le TOP 3 des espèces en janvier 2017 :

1.    le canard colvert : 24 148 ind. (en lĂ©gère hausse par rapport Ă  2016)
2.    le fuligule morillon : 10 817 ind. (effectif stable par rapport Ă  2016)
3.    la foulque macroule : 5 326 ind. (en lĂ©gère hausse par rapport Ă  2016)

Quelques faits marquants du comptage :

Effectifs en très forte hausse pour le canard chipeau (5 222 ind.), le harle bièvre (1 328 ind.) et le tadorne casarca (427 ind.) ; effectifs en hausse pour le canard siffleur, la sarcelle d’hiver, le canard colvert, le fuligule milouin, le harle piette (98 ind.), la foulque macroule, le grèbe huppé et la gallinule poule d’eau ; effectifs stables pour le fuligule morillon et le garrot à oeil d’or ; par contre, légères baisses pour le cygne tuberculé et la nette rousse.


L’effectif régional de cygnes chanteurs était de 142 individus à la mi-janvier. Côté « raretés », citons également la présence de 1 fuligule nyroca, 25 fuligules milouinans, 3 hareldes boréales, 21 macreuses brunes, 1 harle huppé, 5 plongeons (1 arctique, 2 catmarins et 2 imbrins) et 2 grèbes esclavons.

Concernant les espèces férales*, elles sont une fois de plus en augmentation sensible (bernache du Canada), voire très forte (ouette d’Egypte ; tadorne casarca, notamment dans le sud du Haut-Rhin) !

           * : se dit d’une espèce animale domestique ou captive qui est retournĂ©e Ă  l’état sauvage et que l’on peut observer dans la nature.

 

Comptage de janvier 2016

Le comptage d'oiseaux d'eau hivernants "Wetlands International 2016" a été réalisé grâce à la mobilisation de 75 compteurs bénévoles du réseau LPO, avec la participation de 5 agents de l'ONCFS, 7 bénévoles de l'A.P.O.E. de Hegenheim, et, pour la 1ère fois, d'agents des Espaces Verts de l'Eurométropole. Les dénombrements se sont déroulés dans de bonnes conditions météorologiques et la totalité du cours du Rhin a pu être couverte, ainsi que 127 sites extra-rhénans.

Pour la 3ème année consécutive, le comptage rhénan a été effectué en étroite collaboration avec nos collègues badois de la F.O.S.O.R. et de l'O.A.G. Karlsruhe ; avec la constitution de plusieurs équipes mixtes, et un partage du travail sur tous les autres sous-secteurs (dont les limites sont à présent clairement définies), cette organisation désormais bien rodée a permis d'aboutir à des résultats sans aucun double comptage !

Après le comptage « expérimental » de janvier 2014, et les mises au point apportées à l’organisation de ces comptages en janvier 2015 et 2016, on peut dire que cette collaboration est désormais opérationnelle, efficace et constitue un succès dont il faut remercier tous les acteurs de terrain, qui « jouent le jeu » et ont globalement respecté les nouvelles consignes de comptage.

 

En plus des 54 878 anatidés et foulques comptabilisés sur les 24 secteurs rhénans et l'ensemble des sites extra-rhénans recensés, ont également été dénombrés :

  • 6 043 autres oiseaux (plongeons, grèbes, ardĂ©idĂ©s, limicoles, laridĂ©s, rallidĂ©s, rapaces et passereaux remarquables) liĂ©s aux milieux aquatiques
  • 59 anatidĂ©s Ă©chappĂ©s de captivitĂ©.

Voici le TOP 3 des espèces en janvier 2016 :

1. le canard colvert : 23240 ind. (en hausse par rapport Ă  2015)

2. le fuligule morillon : 10 953 ind. (en baisse par rapport Ă  2015)

3. la foulque macroule : 4571 ind. (en forte baisse par rapport Ă  2015)

 

Quelques faits marquants du comptage :

  • cet hiver plutĂ´t doux voit une fois encore les effectifs de la plupart des oiseaux d'eau hivernants en nette diminution, Ă  l'exception du canard colvert et du harle bièvre
  • effectifs stables pour les grèbes, le canard chipeau et le garrot Ă  oeil d'or, par rapport au comptage de janvier 2015
  • cĂ´tĂ© "raretĂ©s", pas grand'chose Ă  signaler pour cette Ă©dition 2016 : citons la prĂ©sence de 4 grèbes esclavons (hivernage remarquable au plan d'eau de Plobsheim), 1 harle huppĂ©, et un total de 92 cygnes chanteurs prĂ©sents en Alsace Ă  la mi-janvier.

 

Pour plus d'informations sur les effectifs spécifiques à la zone RAMSAR du "Rhin supérieur - Oberrhein", consulter la plaquette dédiée à ce comptage.

 

Comptage de janvier 2015

En plus des 58 819 anatidés & foulques comptabilisés sur les 24 secteurs rhénans et l’ensemble des sites extra-rhénans recensés, on trouve également :

  • 6 604 autres oiseaux d’eau (plongeons, grèbes, ardĂ©idĂ©s, limicoles, laridĂ©s, rallidĂ©s, rapaces et passereaux remarquables)
  • 58 anatidĂ©s Ă©chappĂ©s de captivitĂ©.

 

24 312 oiseaux (toutes espèces confondues) ont été dénombrés sur les seuls sites extra-rhénans, soit quasiment autant que l’an passé.

Voici le TOP 3 des espèces en janvier 2015 :
1.    le canard colvert : 22 536 ind.
2.    le fuligule morillon : 12 222 ind.
3.    la foulque macroule : 7 459 ind.

 

Côtés raretés : la présence de 3 plongeons catmarins, 3 fuligules nyrocas, 1 eider à duvet (mâle immature), 5 harles huppés, 2 grèbes jougris ; et nos collègues badois ont noté une curiosité sur le Rhin du côté de Neuf-Brisach, avec la présence insolite d’un mâle hybride sarcelle à ailes bleues X canard souchet !

A noter : ce nouveau record alsacien pour le cygne chanteur, avec 150 ind. recensés à la mi-janvier en Alsace ! Sans oublier 4 cygnes de Bewick à Plobsheim le jour du comptage, puis 6 au même endroit fin janvier.

 

Pour plus d'informations sur les effectifs spécifiques à la zone RAMSAR du "Rhin supérieur - Oberrhein", consulter la plaquette dédiée à ce comptage.

 

Comptage de janvier 2014

Le comptage d’oiseaux d’eau hivernants a pu être réalisé grâce à la mobilisation de 95 compteurs bénévoles du réseau LPO et la participation de 7 agents de l’ONCFS (dont 2 dans le Haut-Rhin), ainsi que celle de 10 compteurs badois de la F.O.S.O.R.. Comme l’année précédente, quelques nouvelles recrues ont manifesté leur souhait de participer à ce recensement, et ont soit formé une nouvelle équipe, soit été intégrées dans différentes équipes de compteurs chevronnés.
Malheureusement, un brouillard tenace a fortement perturbé le comptage rhénan le dimanche 12 janvier, et les secteurs situés entre Marckolsheim et Drusenheim ont dû être recomptés le week-end suivant ! Le résultat final a donc été forcément un peu biaisé … Néanmoins, la totalité du cours du Rhin a pu être couverte, ainsi que 113 sites extra-rhénans (dont 5 nouveaux sites dans le Haut-Rhin) !

64 598 oiseaux d’eau* ont Ă©tĂ© comptabilisĂ©s sur les 24 secteurs rhĂ©nans et 113 sites extra-rhĂ©nans (gravières, plans d’eau, canaux, rivières, marais, etc.), soit une nouvelle baisse par rapport aux trois hivers prĂ©cĂ©dents. NĂ©anmoins, le cours du Rhin et les zones humides extra-rhĂ©nanes se maintiennent dans le TOP 5 des zones d’hivernage en France !
24590 oiseaux (toutes espèces confondues) ont été vus sur les sites extra-rhénans ; la baisse par rapport à 2013 s’explique en partie par le rattachement de certains sites (darses portuaires notamment) aux secteurs rhénans concernés.

* hors laridés, limicoles, palmipèdes échappés de captivité, passereaux et rapaces remarquables.

 

Voici le TOP 3 des espèces en janvier 2014 :
1.    le canard colvert : 23 790 ind.
2.    le fuligule morillon : 15 252 ind.
3.    la foulque macroule : 7 395 ind.

Côté « raretés », citons la présence de : 1 plongeon imbrin, 54 cygnes chanteurs, 4 cygnes de Bewick et 1 fuligule nyroca ; enfin, nos collègues badois ont noté un couple de fuligules à tête noire à Rhinau (donnée en cours d’homologation nationale).

A noter : cet hiver a été marqué par un nombre inhabituel de harles des trois espèces ; lors du comptage, 717 harles bièvres ont été recensés, soit un nouveau record d’Alsace avec près de 200 ind. supplémentaires par rapport à janvier 2013 !

 

Pour plus d'informations sur les effectifs spécifiques à la zone RAMSAR du "Rhin supérieur - Oberrhein", consulter la plaquette dédiée à ce comptage.

 

 

 

Comptage de janvier 2013

Le comptage d’oiseaux d’eau hivernants « Wetlands international 2013 Â» s’est dĂ©roulĂ© dans de bonnes conditions grâce Ă  la mobilisation de 103 compteurs bĂ©nĂ©voles du rĂ©seau LPO, et avec la participation de 5 agents de l’ONCFS (dans le Bas-Rhin). Comme l’an dernier, il faut saluer la prĂ©sence de plusieurs nouvelles recrues ayant manifestĂ© leur souhait de participer Ă  ce recensement, et qui ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©es dans diffĂ©rentes Ă©quipes de compteurs chevronnĂ©s. MalgrĂ© le froid, les conditions mĂ©tĂ©orologiques ont Ă©tĂ© satisfaisantes (pas de vent, ni de brouillard) et le comptage s’est dĂ©roulĂ© comme prĂ©vu le samedi 12 janvier, avec 125 sites extra-rhĂ©nans recensĂ©s, et le dimanche 13 janvier avec la couverture exhaustive des 24 secteurs rhĂ©nans.

Avec 44 978 oiseaux dénombrés sur le Rhinet 31 803 sur les sites extra-rhénans (gravières, plans d’eau, canaux, rivières, marais, etc.), ces effectifs démontrent une nouvelle fois le rôle primordial du cours du Rhin mais aussi de l’ensemble des zones humides extra-rhénanes d’Alsace, pour l’hivernage des oiseaux d’eau en France.

Les trois espèces les plus reprĂ©sentĂ©es en janvier sont depuis 2008, par ordre d’importance :

1.  le canard colvert : 28 583 ind.

2.  le fuligule morillon : 14 251 ind.

3.  la foulque macroule : 6 855 ind.    

CĂ´tĂ© « raretĂ©s Â», citons la prĂ©sence de 2 plongeons imbrins, de 66 cygnes chanteurs, d’un fuligule nyroca, de 3 eiders Ă  duvet, d’une harelde borĂ©ale et de 5 harles huppĂ©s.

 

Comptage de janvier 2012

Les conditions mĂ©tĂ©orologiques ont Ă©tĂ© clĂ©mentes et le comptage s’est parfaitement dĂ©roulĂ© aux dates prĂ©vues : le samedi 14 et dimanche 15 janvier 2012. Le week-end du comptage, la totalitĂ© des 24 secteurs rhĂ©nans, ainsi que 130 secteurs extra-rhĂ©nans ont pu ĂŞtre dĂ©nombrĂ©s. 

  • 75 929 oiseaux d’eau* ont Ă©tĂ© comptabilisĂ©s sur la totalitĂ© des secteurs
  • 27 759 oiseaux (toutes espèces confondues) ont Ă©tĂ© observĂ©s sur les sites extra-rhĂ©nans en 2012 : c’est le plus gros chiffre enregistrĂ© depuis 2005.

 

Le chiffre particulièrement important du total extra-rhénans s’explique d’une part par la décision à partir de cet hiver de séparer tous les sites proches du Rhin (mais non rattachés à celui-ci) et de les placer dans notre liste des sites extras-rhénans. D’autre part en janvier, il y a eu un net report des oiseaux d’eau sur les sites extra-rhénans (surtout au nord de Strasbourg).

Les trois espèces les plus reprĂ©sentĂ©es en janvier sont depuis 2008, par ordre d’importance :

1.  le canard colvert : 22 073

2.  le fuligule morillon : 19 229
3.  la foulque macroule : 8067

Le grèbe castagneux poursuit sa progression de même que le fuligule milouin. Le harle bièvre atteint aussi des effectifs record tout comme le cygne tuberculé, la grande aigrette et la poule d’eau qui montrent eux aussi des chiffres jamais atteints (depuis plus dix ans).

Plusieurs raretĂ©s ont Ă©tĂ© observĂ©es : bĂ©cassine sourde, plongeon imbrin, harle huppĂ©, harelde borĂ©ale et fuligules nyrocas.

 

Comptage de janvier 2011

 Les conditions mĂ©tĂ©orologiques ont Ă©tĂ© clĂ©mentes, puisque le comptage s’est dĂ©roulĂ© en pleine pĂ©riode de redoux hivernal. La totalitĂ© des 24 secteurs rhĂ©nans, ainsi que 100 secteurs extra-rhĂ©nans ont pu ĂŞtre dĂ©nombrĂ©s.

84 960 oiseaux, dont 78 688 oiseaux d’eau (hors Ă©chappĂ©s de captivitĂ©, limicoles, laridĂ©s, passereaux et rapaces) ont Ă©tĂ© comptabilisĂ©s sur 124 secteurs ou sites : il faut remonter au comptage de la mi-janvier 1999 pour avoir un chiffre aussi important (il y a donc 12 ans).

60 525 oiseaux ont été dénombrés sur le Rhin et 24 435 sur les sites extra-rhénans (gravières, plans d’eau, canaux, rivières, marais, etc.) montrant une fois de plus à quel point le Rhin et les zones humides extra-rhénanes jouent un rôle primordial pour l’hivernage des oiseaux d’eau en France (rappelons qu’il s’agit du second site d’hivernage en France après la Camargue).

Les trois espèces les plus reprĂ©sentĂ©es sont, par ordre d’importance :

1.  le canard colvert : 31 222 (21790 en 2010)

2.  le fuligule morillon : 15 467 (13 330 en 2010)

3.  la foulque macroule : 8 774 (8 162 en 2010)

 

Les effectifs du canard colvert, du cygne tuberculé et du fuligule milouin sont en progression depuis 3-4 ans. Certaines espèces sont en régression, c’est le cas du garrot à œil d’or et du grand cormoran. Le grèbe castagneux regagne un effectif honorable de 839 oiseaux après avoir chuté à 578 individus comptabilisés (en 2010).

De nombreuses raretĂ©s ont Ă©tĂ© observĂ©es ce week-end de comptage : 1 bernache cravant, 6 cygnes de Bewick, 16 fuligules milouinans, 1 fuligule nyroca, 3 grèbes jougris, 13 macreuses brunes, 2 plongeons arctiques, 2 plongeons catmarins, 10 tadornes de Belon, ainsi que 3 butors Ă©toilĂ©s, sans oublier la prĂ©sence de deux magnifiques pygargues Ă  queue blanche.

Certaines espèces rĂ©gulières mais peu reprĂ©sentĂ©es les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes sont particulièrement abondantes cet hiver ; c’est le cas du canard pilet (51) et du harle piette (58). Certaines espèces comme le cygne chanteur (77), la harelde borĂ©ale (5), le harle huppĂ© (8) et la nette rousse (129) atteignent mĂŞme des chiffres records.

 

Comptage de janvier 2010

 MalgrĂ© une vague de froid la semaine prĂ©cĂ©dant le comptage, un redoux en fin de semaine libĂ©ra du gel de nombreux plans d’eau et le week-end du comptage la totalitĂ© des 24 secteurs rhĂ©nans ainsi que 77 secteurs extra-rhĂ©nans ont pu ĂŞtre dĂ©nombrĂ©s.

75 702 oiseaux, dont 66 642 oiseaux d’eau (hors échappés de captivité, limicoles, laridés, passereaux et rapaces), ont été comptabilisés sur 101 secteurs ou sites.

Le comptage 2010 révèle un des effectifs les plus importants de cette décennie, se situant nettement au-dessus de la moyenne 2001-2009. 57 598 oiseaux ont été dénombrés sur le Rhin et 18 104 sur les sites extra-rhénans (gravières, plans d’eau, canaux, rivières, marais, etc.). Les trois espèces les plus représentées sont par ordre d’importance :

1. le canard colvert : 21 790 (contre 19 139 en 2009)

2. le fuligule morillon : 13 330 ( contre 14 510 en 2009)

3. la foulque macroule : 8 162 (contre 6 532 en 2009)

S'agissant des variations de populations, les effectifs du canard colvert, du cygne tuberculé et du goéland cendré sont en nette progression ces dernières années. Certaines espèces sont par contre en nette régression, c’est le cas du garrot à oeil d’or, de la sarcelle d’hiver, du grèbe castagneux ou du fuligule.

Le « Wetlands 2010 » est aussi marqué par une importante diversité d’espèces (66 espèces). De nombreuses raretés sont au rendez-vous cet hiver, avec entre autre la présence exceptionnelle d’une quinzaine de plongeons (imbrins, arctique et camarins).

 

Comptage de janvier 2009

Les rĂ©sultats montrent, malgrĂ© la longue pĂ©riode de gel prĂ©cĂ©dant le comptage, une annĂ©e de comptage se situant un peu au-dessus de la moyenne 2004-2008. Ce « cru » 2009 est aussi marquĂ© par la prĂ©sence d’une grande diversitĂ© d’espèces dont certaines dĂ©passent leurs effectifs records depuis 10 ans, c’est le cas du cygne chanteur (62), du garrot Ă  Ĺ“il d’or (1467), du harle bièvre (371), de la nette rousse (67) ou du canard pilet (47).

Au total, ce sont 70 813 oiseaux, dont 65 888 oiseaux d’eau (hors échappés de captivité, limicoles, laridés, passereaux et rapaces) qui ont été comptabilisés sur 108 sites différents.

51 552 oiseaux ont été dénombrés sur le Rhin et 19 261 sur les sites extra-rhénans (gravières, plans d’eau, rivières, marais, etc.). Notons la poursuite de l’augmentation du total extra-rhénan depuis 2004.

 

Les trois espèces les plus représentées sont par ordre d’importance :

1.  le canard colvert : 19 871 (17 620 en 2008),

2. le fuligule morillon : 14 655 (17 102 en 2008),

3. le canard chipeau* : 6 924 (5 815 en 2008).

* pour la première fois depuis 10 ans, le canard chipeau devance la foulque macroule dans ce « TOP 3 Â».

Cliquer ici pour plus d'infos sur le comptage de janvier  2009.

Comptage de janvier 2008

Les rĂ©sultats 2008 montrent des effectifs d'oiseaux hivernants se situant un peu au-dessus de la  moyenne des cinq dernières annĂ©es. Notons Ă©galement l’augmentation rĂ©gulière du nombre d'oiseaux extra-rhĂ©nans depuis 2004.  

Au total, ce sont 70 485 oiseaux, dont 65 313 oiseaux d’eau (hors échappés de captivité, limicoles, laridés, passereaux et rapaces) qui ont été comptabilisés sur 102 sites différents. 52 928 oiseaux ont été dénombrés sur le Rhin et 17 557 sur les sites extra-rhénans (gravières, plans d’eau, rivières, marais, etc.).

 

Les trois espèces les plus reprĂ©sentĂ©es sont par ordre d’importance :  

1/ le canard colvert : 17 620 (15 210 en 2007),

2/ le fuligule morillon : 17 102 (16 983 en 2007),

3/ la foulque macroule : 7 871 (7 237 en 2007). 

Certaines espèces sont en nette augmentation cette annĂ©e, citons le canard colvert, le grèbe castagneux, le cygne tuberculĂ© et le canard chipeau (+ 1 589 individus par rapport Ă  2007). La bernache du Canada (population fĂ©rale) poursuit quant Ă  elle sa progression dans notre rĂ©gion. 

D’autres espèces d’oiseaux d’eau sont par contre moins reprĂ©sentĂ©es que les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, c’est le cas du fuligule milouin, de la sarcelle d’hiver et du canard siffleur (seulement 1 542 oiseaux).  Au rang des raretĂ©s, signalons la prĂ©sence de 37 cygnes chanteurs, 15 macreuses brunes, 2 fuligules nyroca, 1 plongeon imbrin, 1 Ă©rismature rousse et 1 pygargue Ă  queue blanche.

 

Comptage de janvier 2007

En comparant le comptage 2007 Ă  celui de l’hiver prĂ©cĂ©dent, on constate Ă  l’échelle rĂ©gionale une forte chute des effectifs rhĂ©nans (46 800) et Ă  contrario une nette augmentation des effectifs recensĂ©s sur les sites extra-rhĂ©nans (17 400), phĂ©nomène qui n’aura cependant pas suffi Ă  compenser la baisse de l’effectif global comptĂ© en Alsace (64 200 oiseaux recensĂ©s au total), loin s’en faut.

MalgrĂ© tout, le comptage 2007 reste dans la moyenne recensĂ©e lors des cinq derniers hivers. Si on prend pour rĂ©fĂ©rence la moyenne des 3 comptages prĂ©cĂ©dents (2004 Ă  2006), la plupart des espèces, et notamment le canard colvert (15 210 oiseaux en 2007) et le fuligule morillon (16 983) qui sont de loin les hivernants les plus abondants, prĂ©sentent des effectifs relativement stables. Parmi les espèces en net recul, citons la foulque macroule (7 237). Par contre, le canard siffleur (1 702) et le fuligule milouin (5 046) ont vu leur population hivernante augmenter sensiblement. Enfin, il faut noter que la spectaculaire augmentation du nombre de canards chipeaux constatĂ©e lors du comptage 2006, ne s’est pas confirmĂ© en 2007 (4 226 en 2007 contre 7 360 en 2006), avec un retour Ă  un effectif conforme Ă  la moyenne des annĂ©es antĂ©rieures Ă  2006.

 

Comptage de janvier 2006

MĂŞme si les chiffres citĂ©s ci-dessus n’ont pas Ă©tĂ© atteints pour l’hiver 2005/2006, celui-ci, particulièrement froid, a tout de mĂŞme favorisĂ© l’hivernage, puisque pas moins de 71 900 oiseaux ont Ă©tĂ© comptabilisĂ©s lors du recensement de janvier 2006 (dont près de 15 000 en dehors du Rhin) ; Ă  titre comparatif, l’effectif moyen comptĂ© ces 3 dernières annĂ©es est d’environ 65 000 oiseaux.

A noter pour cet hiver 2005/2006, l’afflux inhabituel de cygnes chanteurs et de nettes rousses.

Les espèces numĂ©riquement les plus importantes sont le canard colvert (16 600), le fuligule morillon (15 800), la foulque macroule (12 000), le canard chipeau (7 300) et le fuligule milouin (3 200) (donnĂ©es 2005/2006).

Les espèces qui confèrent une importance internationale Ă  la vallĂ©e du Rhin, selon les critères de Ramsar, sont le fuligule morillon, le canard chipeau, et l’oie des moissons ; Ă  cela s’ajoute l’importance numĂ©rique de la population totale des oiseaux d’eau hivernants, qui rĂ©pond Ă©galement Ă  un des critères de Ramsar (plus de 20 000 oiseaux).

Signalons de plus l’importance de la population hivernante de garrots Ă  oeil d’or (1 200 en 2005/2006), qui, si elle ne rĂ©pond pas Ă  un critère de Ramsar, correspond cependant Ă  la première population hivernante française pour cette espèce (c’est Ă©galement le cas pour le fuligule morillon, le cygne tuberculĂ© et l’oie des moissons).





1. Les comptages en Alsace

En Alsace, de nombreux comptages d'oiseaux, ou encore de nids pour les oiseaux coloniaux, sont organisés par la LPO.
La plupart de ces comptages concernent des phénomènes remarquables, dont deux font l'objet de comptages annuels nécessitant des efforts particuliers de notre part :




2. Le matériel utile au compteur

Pour compter des effectifs importants d'oiseaux, ou compter simultanément les effectifs de 2 à 3 espèces, il est utile de disposer d'un boîtier de comptage avec lequel la mémorisation des chiffres n'est plus nécessaire. A défaut, un carnet et un stylo sont indispensables, et un dictaphone peut également se révéler bien utile.

Il est avantageux d'utiliser des jumelles Ă  large champ et une longue-vue avec objectif grand angle.

Au-delĂ  de faire de belles images, l'appareil photographique peut ĂŞtre un plus, si le contexte permet de photographier la globalitĂ© du groupe d'oiseaux. Le comptage a posteriori sur image fixe a ses avantages, mais aussi ses inconvĂ©nients : la photographie est une image en 2 dimensions sur laquelle l'interprĂ©tation tridimensionnelle peut ĂŞtre dĂ©licate.
On pourrait croire que s'affranchir du mouvement simplifie le comptage, ce n'est pas toujours vrai sur image fixe, il peut être plus difficile d'identifier les oiseaux partiellement cachés.



3. Les techniques pour un comptage prĂ©cis

Pour effectuer un décompte exact des oiseaux, selon le contexte, l'observateur peut :

 

  • compter les oiseaux un par un, mais ce n'est pas toujours possible ;
  • compter de 2 en 2 ou de 5 en 5, pour gagner du temps : pratique lorsque le groupe d'oiseaux est homogène ou pour les groupes en vol quand il s'agit d'espèces de grande taille (ex : vols de grues ou d'oies, en formation en V) ;
  • faire un comptage par lots.


3.1 Le comptage par lots

Principe : compter le groupe en le divisant en plusieurs zones, puis additionner ces sous-totaux.

Difficulté : trouver des repères pour ne pas superposer les surfaces et compter des oiseaux deux fois.

Contexte : oiseaux statiques, ou se déplaçant lentement.



3.2 Le comptage de groupes mixtes

La difficulté s'accroît encore lorsqu'il s'agit de compter des groupes mixtes (ex : rassemblements de canards, concentrations de limicoles). On peut alors compter espèce par espèce, l'une après l'autre, ou bien, pour les compteurs plus expérimentés, compter toutes les espèces simultanément. Dans tous les cas, lorsqu'on est à plusieurs observateurs, il peut être intéressant de se répartir les espèces.




4. Les méthodes d'estimation

Lorsque l'on n'est pas en mesure d'effectuer un comptage précis, on peut recourir à différentes techniques pour estimer le nombre d'oiseaux observés. Le comptage à plusieurs permet de conforter l'estimation en faisant la moyenne des résultats trouvés par chacun.



4.1 Le comptage par motif (ou pattern)

Principe : compter le nombre d'oiseaux sur une zone qui constituera le "motif", puis compter le nombre de "motifs" similaires constituant le groupe.

Difficulté : les groupes sont rarement de densité homogène. Dans l'exemple ci-contre, les 4 motifs rouges contiennent 10 oiseaux, mais les 3 motifs bleus sont plus denses, ce qui mènerait à une sous-estimation du chiffrage si on estime le groupe à 7 x 10 oiseaux. Le nombre exact d'oiseaux sur cette photo est 98.

Contexte :

- observation de courte durée d'oiseaux en mouvement,
- densité d'oiseaux statiques.



4.2 Variante : le comptage par portion

Principe : compter un maximum d'oiseaux durant le temps d'observation, en estimant la part évaluée (la moitié du groupe, un tiers du groupe…). Puis appliquer le coefficient multiplicateur au chiffre trouvé.
Dans l'exemple ci-contre, l'estimation basée sur le premier lot (24 individus) conduit à une sur-évaluation du groupe : elle serait de 3 x 24 = 72 oiseaux ; le nombre exact d'oiseaux sur cette photo est 60.

Difficulté : les groupes sont rarement de densité homogène.

Contexte :

- oiseaux en mouvement, ne permettant qu'une observation de courte durée,
- densité d'oiseaux statiques.



4.3 L'estimation globale

Les compteurs aguerris parviennent à estimer la quantité d'oiseaux dans un groupe, par une simple observation.



4.4 En conclusion

Mais quelle que soit la technique utilisĂ©e, l'expĂ©rience montre que les rĂ©sultats ont presque toujours tendance Ă  ĂŞtre sous-estimĂ©s, et cette sous-estimation est d'autant plus grande que la taille des groupes d'oiseaux (notamment pour des petits passereaux en migration) est importante ! Un seul mot d'ordre : il faut donc s'entraĂ®ner et acquĂ©rir beaucoup d'expĂ©rience sur le terrain, s'exercer sur des photos prĂ©alablement dĂ©nombrĂ©es... et pourquoi pas, jouer Ă  Comptage Mania  !


Biodiv’Alsace est un projet d’analyse et de valorisation des données naturalistes régionales issues de plusieurs programmes de recensement. Ayant pour origine l’enrichissement du programme de Suivi des Indicateurs de Biodiversité en Alsace (SIBA) initié en 2005, le projet permet d’apporter des éléments de réponse sur différentes thématiques liées à la biodiversité.

 

Les indicateurs "espèces" de Biodiv'Alsace.

 

 

Historique : programme SIBA

Après un premier livre rouge des oiseaux nicheurs d'Alsace publié en 1989 (n° spécial de CICONIA, la revue régionale d'écologie), la LPO Alsace a édité une nouvelle liste rouge des oiseaux menacés dans l'ouvrage « Les Listes Rouges de la nature menacée en Alsace » publié par ODONAT (Office des Données Naturalistes d'Alsace) en 2003.

 

Pie-grièche écorcheur (femelle) - Photo Jean-Marc BronnerPie-grièche écorcheur (femelle) - Photo Jean-Marc BronnerDans le prolongement de la publication de cet ouvrage, plusieurs associations alsaciennes d'étude de la faune sauvage ont proposé de mettre en place un suivi en continu de l'évolution de la biodiversité, grâce à la mesure annuelle d'indicateurs appropriés.

23 indicateurs faunistiques ont été retenus dans le cadre de ce programme coordonné par ODONAT : 5 concernent les mammifères (suivis par le GEPMA), 11 les oiseaux (suivis par la LPO Alsace) et 7 les reptiles et les batraciens (suivis par BUFO).

 

Concernant les oiseaux, 5 indicateurs se rapportent à des espèces remarquables : parmi elles, 2 sont actuellement en régression (le grand tétras et le courlis cendré ) et 2 sont en progression (le faucon pèlerin et la sterne pierregarin ). La 5ème espèce est la pie-grièche écorcheur , oiseau caractéristique des haies, des herbages et de la campagne traditionnelle. Elle est dénombrée sur 6 zones témoins sur une surface totale de 4298 hectares.

 

Bergeronnette printanière - Photo Nicolas BuhrelBergeronnette printanière - Photo Nicolas BuhrelPar ailleurs, l'étude de la biodiversité en Alsace ne doit pas se limiter au suivi de quelques espèces prestigieuses. L'évolution des populations d'oiseaux communs est tout aussi importante et significative des modifications de l'environnement. Aussi, 6 indicateurs « oiseaux communs » ont été définis : ils concernent l'ensemble des espèces nicheuses contactées sur plus de 200 points d'écoute.

La méthode est celle du programme STOC-EPS piloté par le Muséum National d'Histoire Naturelle. Les indicateurs retenus sont le nombre moyen d'espèces contactées par point recensé (indicateur de diversité), le nombre moyen d'oiseaux comptés par point recensé (indicateur d'abondance), puis les valeurs obtenues par les espèces caractéristiques des 4 grands milieux (agricoles, forestiers, bâtis et oiseaux généralistes).

 

L'année 2004 a été consacrée à une première analyse rétrospective concernant 18 de ces indicateurs, dont 10 indicateurs «oiseaux». A partir de 2005, le programme SIBA a concerné l'ensemble des indicateurs avec une récolte de données encore mieux standardisée. Ce suivi a été réalisé grâce au soutien des collectivités (Région Alsace, Conseils Généraux du Bas- Rhin et du Haut-Rhin), de l'Agence de l'Eau Rhin-Meuse et de l'Etat ; l'objectif étant d'informer les scientifiques, les élus, les décideurs et tous les citoyens d'Alsace de l'évolution de biodiversité faunistique, afin que toutes les mesures possibles puissent être prises pour enrayer certaines régressions. Le programme devait aussi permettre de mesurer l'impact de certaines politiques de sauvegarde des milieux naturels (trame verte, Gerplan, protection des zones humides, Natura 2000).

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous, les actions particulières menées par la LPO Alsace.

 

Ci-dessous, les espèces pour lesquelles des plans d'actions sont suivis par la LPO Alsace

 

La LPO Alsace, ses partenaires allemand - Naturschutzbund Baden-Würtemberg (NABU) - et suisse - Schweitzer Vogelschtutz (SVS) – ont depuis 2005 mis en place un programme trianational de « préservation des vergers et de la biodiversité associée », soutenu par les instances européennes : le fonds INTERREG. L’espèce phare de ce projet est la chevêche d’Athena (chouette chevêche).