Suivre la nidification, en direct, d'un couple de faucons pèlerins (2017)

Présentation de l’espèce

Rapace prestigieux, le faucon pèlerin est depuis plusieurs décennies un des symboles de la protection des oiseaux, et des rapaces en particulier. Cet oiseau a la taille d'un gros pigeon, avec une envergure toutefois plus importante (1m environ). Il fréquente les régions montagneuses boisées et les régions plus ouvertes (grandes plaines cultivées, plateaux, vallées), les marais et les villes durant l'hiver. Il niche dans les parois rocheuses, parfois sur des bâtiments élevés des grandes villes. Le faucon pèlerin est spécialisé dans la prédation des oiseaux petits et moyens qu'il attaque généralement en exécutant des piqués à grande vitesse et qu'il saisit en plein vol. Son seul véritable prédateur est le grand-duc d'Europe.

Statut juridique et liste rouge

Le faucon pèlerin est protégé en France, comme tous les rapaces, et il est inscrit à l'Annexe I de la Directive Oiseaux. Il figure sur la Liste Rouge des oiseaux nicheurs d’Alsace en catégorie "Vulnérable".

 


Evolution des effectifs

Photo Yves MullerPhoto Yves MullerEn France, la population est estimée à 1000 - 1400 couples nicheurs (enquête nationale LPO sur les rapaces, 1999-2002).

Dans le massif vosgien, comme ailleurs en France, le dénichage et l’intoxication par les pesticides agricoles ont provoqué une chute dramatique de la population dans les années 1960-1970. En 1976, il ne restait plus que 8 couples dans l’ensemble du massif vosgien, qui n’élevèrent que 9 jeunes. La situation fut pire encore en 1978, puisque aucun jeune ne prit l’envol. Suite à la protection totale des rapaces, à la réglementation de l’utilisation des pesticides en Europe et aux campagnes de surveillance et de sensibilisation, les populations ont commencé à progresser à partir du milieu des années 1980. En outre, chaque site du massif vosgien occupé par le faucon pèlerin et exposé aux dérangements, voire au pillage par des fauconniers, était surveillé en permanence par des bénévoles du Fonds d’Intervention pour les Rapaces Alsace. Des démarches ont ensuite été menées pour la mise en place d’une protection réglementaire sur les sites de reproduction et plusieurs d’entre eux font maintenant l’objet d'un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope ou font partie d'une Réserve Naturelle. En parallèle, une sensibilisation a été menée auprès des usagers des milieux rupestres (grimpeurs, varapeurs) et d'une manière générale, du grand public, sur le rôle des rapaces et des prédateurs .

 

Bilan 2016

 

La saison de reproduction dans le massif vosgien a été très mauvaise pour le faucon pèlerin en 2016. Sur 57 couples suivis, 45 couples reproducteurs ont été recensés. Parmi ceux-ci, 22 couples seulement ont produit 49 jeunes à l'envol, chiffres les plus bas depuis plusieurs années. Le nombre de territoires occupés et de couples reproducteurs a diminué de près de 10% en un an alors qu'il était relativement stable précédemment. La réussite de reproduction diminue : 1,87 juvéniles/couple reproducteur en 2011, contre seulement 1,09 en 2016 ! Ceci est vraisemblablement lié au fait que le nombre d'interactions avec le grand-duc augmente avec l'expansion de cette espèce : plusieurs sites "historiques" du pèlerin ont été adoptés par le rapace nocturne, entraînant un échec de reproduction du pèlerin, et plusieurs cas de prédation de jeunes sont à signaler. D'autres couples ont été dérangés par des activités de "pleine nature" : création de points de vue, présence continue de randonneurs, ouverture de nouveaux sentiers en pleine période de reproduction, organisation d'épreuves de sports de plein air... De plus, la météorologie défavorable du printemps 2016 a sans doute provoqué des échecs de reproduction.

Des mesures de protection ont été initiées ou poursuivies sur plusieurs sites : signature avec le parc naturel régional des Ballons des Vosges d'une charte, convention sur des carrières en exploitation, travail en collaboration avec l'ONF pour préserver la quiétude des sites…

 

L'extension du faucon pèlerin observée les années précédentes en plaine d'Alsace se poursuit en 2016, avec une augmentation du nombre de sites occupés (5 nouveaux sites !) portant le nombre de territoires occupés à 20 dont 14 avec des couples reproducteurs. Mais l'année est très médiocre pour la reproduction avec 18 jeunes (pour 7 couples producteurs) et surtout 7 échecs. Aucun échec n'est documenté mais les conditions météorologiques défavorables avec des précipitations importantes ont sans doute eu un impact, notamment sur les couples nichant sur pylône (4 échecs). La progression se poursuit aussi dans l'agglomération strasbourgeoise avec 7 territoires occupés par des couples ; à noter plusieurs échecs de reproduction vraisemblablement liés à des interactions intraspécifiques liées à la forte densité surtout le long du Rhin.

Ce suivi s’est accompagné de mesures de protection : contrôle et nettoyage des nichoirs mis en place, pose de nouveaux nichoirs, concertation avec les différents acteurs sur des sites industriels pour la prise en compte de l’espèce…

 

 

 

Si vous êtes intéressés pour participer au suivi, vous pouvez contacter  :

Sébastien Didier
Coordination, suivi, études rapaces
Tél. : 03 88 22 07 35
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Cliquer sur "suivant" en bas de l'article pour voir les bilans des années antérieures.

 


Facteurs de menace

Des menaces pèsent encore sur l’espèce :

  • problèmes de cohabitation sur certains sites avec les pratiques sportives telles que le vol libre, la varappe, la randonnée, et avec les activités touristiques diverses
  • menaces engendrées par l'apparition de nouvelles molécules chimiques et l'usage illégal de certains pesticides 
  • réaménagements économiques d'anciennes carrières jusqu’alors abandonnées et servant de site de nidification à l'espèce
  • quelques données de mortalité sont liées à l'état sanitaire des proies consommées (cas de maladies transmises par les pigeons domestiques) ou à des problèmes de destruction (tir, collision et électrocution avec le réseau électrique)
  • enfin, il n'est pas exclu que certaines nichées fassent encore l’objet de dénichage pour la fauconnerie
  • et comme rien n’est jamais acquis définitivement, signalons également que certaines associations colombophiles font pression sur le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable pour obtenir le déclassement du faucon pèlerin de la liste des espèces protégées, jusqu'à présent heureusement en vain.

 


Etudes et protection

 

Depuis 2005, le suivi de cette espèce a été intégré au sein du programme SIBA de Suivi des Indicateurs de la Biodiversité en Alsace . En effet, le rôle de bio-indicateur du faucon pèlerin a déjà été souligné. L'impact des pesticides organochlorés a ainsi pu être démontré dans les années 1970-1975 et leur interdiction a pu être mise en place.

Mais le suivi du faucon pèlerin peut permettre d’aborder d’autres thèmes : l’état de santé des populations d’espèces-proies, l’impact des activités de plein air (varappe, vol à voile, …) sur certaines autres espèces rupestres, l’évaluation de la préservation de sites sensibles, l’évaluation de l'efficacité des campagnes de sensibilisation au rôle des rapaces, et des prédateurs en particulier.

La LPO Alsace coordonne actuellement le suivi du faucon pèlerin sur l'ensemble du massif vosgien, soit sur les 2 départements alsaciens (67 et 68), 3 départements lorrains (54, 57 et 88) et 2 départements franc-comtois (70 et 90). Participent à ce suivi plusieurs associations naturalistes : la LPO Alsace, le FRIR (Fonds Régional d'Intervention pour les Rapaces) de Franche-Comté, la LPO Franche-Comté, les groupes départementaux LPO de Lorraine, SOS Faucon pèlerin, …

Le suivi s‘effectue de la manière suivante : un premier contrôle en début de nidification (février-mars) pour s'assurer de la présence d'un couple reproducteur et de la ponte, si elle a eu lieu. Un second passage en fin de nidification (mai-juin) pour contrôler la réussite de la reproduction et connaître le nombre de jeunes volants.

Le suivi est assuré essentiellement par les ornithologues bénévoles des associations. Ce sont ainsi près d'une centaine d'observateurs qui contrôlent les aires et communiquent leurs informations chaque année. Plusieurs coordinateurs bénévoles se chargent de recueillir les informations et d'animer le réseau d'observateurs par zone géographique*.

Photo David HackelPhoto David HackelLe suivi des sites se fait grâce à des jumelles ou au télescope à l'abri de la végétation ou dans des endroits où l'espèce ne détecte pas l'observateur afin de réduire le dérangement au minimum.

Des prospections ont aussi lieu dans des zones peu suivies en période favorable : plusieurs observateurs postés sur des points d'observation fixes surveillent les allers et venues éventuels de faucon pèlerin, dans l’espoir de découvrir de nouveaux sites de nidification. Lorsque des menaces pèsent sur certains sites, des mesures de protection sont proposées aux pouvoirs publics. La LPO Alsace continue également son travail de sensibilisation auprès des usagers ou gestionnaires des sites. C’est ainsi qu’une fiche technique a été réalisée à l’attention des exploitants de l’UNICEM (Union Nationale des Industries de Carrières Et Matériaux de construction).Une exposition sur le faucon pèlerin est disponible à la LPO Alsace. Un livre dédié aux rapaces diurnes nicheurs d'Alsace est aussi disponible.

 

 

 Suivi des faucons pèlerins bagués

 

 Dans le Bade-Würtemberg (Allemagne), les faucons pèlerins sont équipés d’un nouveau système d’identification : des bagues en couleur dotés de codes, qui permettent de reconnaître des individus sans être obligé de les recapturer.

Pour la première fois depuis l'introduction du système de bagues caractéristiques en 2015 en Allemagne, un faucon pèlerin bagué en provenance du Bade-Wurtemberg a été photographié et identifié en Alsace f au Port du Rhin Nord à Strasbourg : il s’agit d’une femelle portant la combinaison caractéristique "P-BC", observée le 20 novembre 2016 par Marie-France Christophe, membre de la LPO Alsace et co-responsable du suivi des faucons pèlerins sur la région de Strasbourg. Cette femelle a été baguée le 30 mai 2015, à l’âge de 19 jours à Altbach.

Ce nouveau système permet l'identification d'un oiseau par des bagues caractéristiques, lisibles même à distance, notamment avec une longue-vue (avec grossissement de 60, la combinaison de l'anneau peut être lue à plus de 150m sans problème) ou un appareil photo doté d’un téléobjectif. Il apporte en outre des informations sur le biotope où l’oiseau est né. En effet, depuis 2015, les faucons pèlerins, qui sont bagués au stade poussin, reçoivent, en plus de la bague d’identification de l’individu (à droite), une « bague d’habitat Â» (à gauche), de couleur.

Ce code couleur est le suivant :

  • Rouge : parois rocheuses et carrières
  • Jaune : bâtiments (y compris les cheminées, les tours de radio et les ponts)
  • Vert : arbres
  • Noir : pylônes électriques

Les bagues d’identification individuelle présentent également une nouveauté : la première lettre ou chiffre est verticale, lisible sur toute la hauteur de la bague, les deux lettres suivantes sont écrites à un angle de 90° et peuvent être lues de bas-en-haut. La combinaison est visible deux fois sur la bague.

Ce nouveau système constitue donc une aubaine pour le suivi des faucons pèlerins et l’occasion d’échanger les données françaises et allemandes pour une vision globale des populations.

Si vous observez un faucon pèlerin ainsi bagué, merci de transmettre les informations à :

Sébastien Didier
Coordination, suivi, études rapaces
Tél. : 03 88 22 07 35
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

 

http://www.agw-bw.de/erster-wanderfalke-aus-dem-suedwesten-mit-kennringen-gesichtet/

 

 

(*) Les coordinateurs  :

 

Jean-Marie BALLAND (LPO Vosges) pour le département des Vosges
Denis DUJARDIN (LPO Alsace) pour les Vosges moyennes bas-rhinoises
Jean GUHRING (LPO Alsace) pour les Vosges haut-rhinoises
David HACKEL (LPO Moselle) pour la Moselle
Claude KURTZ (SOS Faucon pèlerin-Lynx) et André LUTZ (LPO Alsace - SOS Faucon pèlerin-Lynx) pour les Vosges du Nord
François REY-DEMANEUF (LPO Franche-Comté) pour le territoire de Belfort et la Haute-Saône
Marie-France CHRISTOPHE et Olivier STECK (LPO Alsace) pour les centres urbains et la plaine bas-rhinoise

La coordination globale est assurée par Sébastien DIDIER (LPO Alsace).

 

Cliquer sur  SUIVANT>>  pour accéder aux bilans des années précédentes


Suivi annuel dans le massif vosgien et la plaine d'Alsace

 

Situation en 2015

Bilan de la nidification du faucon pèlerin en plaine

Bonne saison de reproduction pour le Faucon pèlerin en 2015 en plaine d'Alsace avec un envol de 23 jeunes. En 2014, pour le même nombre de couples reproducteurs, seuls 11 jeunes à l'envol avaient été comptabilisés. Seuls 2 échecs ont été relevés : un nid qui est tombé d'un pylône, et un évincement très probable d'un mâle dont le cadavre a été retrouvé. L'oiseau était bagué ; âgé de 12 ans, il était né dans une carrière en Allemagne à 50 km du silo où il se reproduisait. Les conditions météorologiques favorables ont notamment permis une réussite de reproduction importante sur les 4 pylônes HT avec 9 jeunes.

Les autres sites de reproduction étaient 6 batîments ou usines, et une ancienne carrière. Un seul nouveau site de reproduction a été découvert ce printemps, sur un pylône. Les bénévoles chargés du suivi, notamment à Strasbourg ont à nouveau réalisé un formidable suivi et mis en place des mesures de protection qui ont aussi grandement participé à la réussite de la reproduction !

Bilan dans le massif vosgien

La saison de reproduction dans le massif vosgien pour le Faucon pèlerin a été mauvaise en 2015. Seuls 56 jeunes à l'envol ont été comptabilisés, chiffres les plus bas depuis 5 ans, et ce malgré des conditions météorologiques très favorables. Le nombre de terriotoires occupés et de couples reproducteurs reste stable sur cette période, mais la réussite de reproduction diminue : 1,87 juv/c. reproducteur en 2011 et seulement 1,14 en 2015 ! Ceci est vraisemblablement lié au fait que le nombre d'interractions avec le Grand-duc augmente avec l'expansion de cette espèce : plusieurs sites "historiques" du pèlerin ont été adoptés par le rapace nocturne, entraînant un échec de reproduction du pèlerin.
D'autres couples ont sans doute été dérangés par des activités de "pleine nature", la météorologie clémente dès le début du printemps 2015 a provoqué une forte fréquentation du massif notamment durant la période la plus sensible de la couvaison. Des mesures de protection ont été initiées ou poursuivies sur plusieurs sites : accord avec la sécurité civile en Alsace pour ne pas intervenir sur les sites occupés, travail avec le parc naturel régional des Ballons des Vosges pour une charte, convention sur des carrières en exploitation, travail en collaboration avec l'ONF pour préserver la quiétude des sites…

Situation en 2014

Bilan de la nidification du faucon pèlerin en plaine

En 2014, 24 sites favorables ou anciennement occupés par le faucon pèlerin ont été suivis en plaine d'Alsace. Une vingtaine de bénévoles de la LPO Alsace ont pu confirmer la présence d'oiseaux sur 15 de ces sites.  Il s’agissait d'une ancienne carrière, de 5 pylônes haute-tension et de 9 bâtiments de type église, silo, usine, tour de télécommunication. 2 de ces sites ont été occupés en début de saison par des couples qui ne se sont pas reproduits. Un seul nouveau site a été recensé au printemps (pylône haute-tension).
La réussite de reproduction a été médiocre contrairement à 2013, et ce malgré les conditions météorologiques favorables : 7 couples n’ont mené que 11 jeunes à l’envol. Un seul jeune a pu s'envoler d'un pylône haute-tension, sur les 5 occupés.
Des mesures de protection ont été mises en œuvre sur plusieurs sites urbains grâce à la motivation des bénévoles, notamment à Strasbourg. La pose d'un panneau présentant l'espèce sur un site protégé par le Conseil Général du Haut-Rhin a aussi été réalisée.

Bilan dans le massif vosgien

143 sites favorables ou anciennement occupés par le faucon pèlerin dans le massif vosgien ont été suivis par plusieurs dizaines de bénévoles en 2014 et 78 territoires occupés par l’espèce ont été dénombrés.

58 couples ont pondu et parmi ceux-ci 35 ont élevé 82 jeunes jusqu’à l’envol, soit un taux de 2,3 jeunes/couple producteur. La reproduction du faucon pèlerin a été meilleure cette année qu'en 2013 malgré 23 couples sans reproduction ! Les causes d'échec documentées étaient principalement liées à des interactions interspécifiques avec 5 cas de prédations suspectés : 3 par un mustélidé, 2 par le grand-duc. Le nombre d'interactions avec le grand-duc augmente avec l'expansion de cette espèce. Un cas d'échec semble lié à la présence du grand corbeau.

Des mesures de protection ont été initiées ou poursuivies sur plusieurs sites : accord avec la sécurité civile en Alsace pour ne pas intervenir sur les sites occupés, travail avec le parc naturel régional des Ballons des Vosges pour une charte, rencontre avec les fédérations de sports de pleine nature pour la mise en place d'une charte, convention sur des carrières en exploitation, travail en collaboration avec l'ONF pour préserver la quiétude des sites… Patrick Schaeffer a en outre présenté les résultats des suivis pèlerin et grand-duc lors d'un colloque en Allemagne, ce qui a permis de commencer à tisser des liens avec nos homologues allemands.

Situation en 2013

Bilan de la nidification du faucon pèlerin en plaine

En 2013, 25 sites favorables ou anciennement occupés par le Faucon pèlerin ont été suivis en plaine d'Alsace. Une vingtaine de bénévoles de la LPO Alsace ont pu confirmer la présence d'oiseaux sur 16 de ces sites.  Il s’agissait d'une ancienne carrière, de 6 pylônes haute-tension et de 8 bâtiments : église, silo, usine, tour de télécommunication. 4 de ces sites ont été occupés en début de saison par des couples qui ne se sont pas reproduits. Deux nouveaux sites ont été occupés ce printemps sur un pylône haute-tension et un château d'eau.
La réussite de reproduction a été bonne et comparable à celle de 2012, malgré les mauvaises conditions météorologiques durant le printemps : 7 couples ont mené 20 jeunes à l’envol. Les nidifications sur des bâtiments se sont bien déroulées, alors que seul un jeune a pu s'envoler d'un pylône haute-tension sur les 6 occupés. A noter que sur la seule agglomération strasbourgeoise, ce sont 13 jeunes qui se sont envolés (4 couples producteurs) !
Des mesures de protection ont été mises en œuvre sur plusieurs sites urbains, grâce à la motivation des bénévoles notamment à Strasbourg.

Remarque : depuis 2011, les bilans de la reproduction du Faucon pèlerin dans le massif vosgien et la plaine d’Alsace ont été dissociés.

 Bilan dans le massif vosgien

143 sites favorables ou anciennement occupés par le Faucon pèlerin dans le massif vosgien ont été suivis par plusieurs dizaines de bénévoles en 2013 et 85 territoires occupés par l’espèce ont été dénombrés.

53 couples ayant pondu ont été recensés et parmi ceux-ci 27 ont élevé 61 jeunes jusqu’à l’envol, soit un taux de 1,2  jeunes/couple producteur. La reproduction du Faucon pèlerin a donc été très mauvaise cette année avec 20 couples non reproducteurs recensés et 26 échecs constatés ! Les causes d'échec documentées étaient principalement liées aux conditions météorologiques printanières défavorables (8 cas sur 12) : période de froid en mars, mois de mai froid et pluvieux, orages. De plus, 2 cas de prédations sur les jeunes ont été relevés, un couple a abandonné le site de reproduction suite à des travaux forestiers et un échec était vraisemblablement du à la présence d'un mât éolien.

Des mesures de protection ont été initiées ou poursuivies sur plusieurs sites : accord avec la sécurité civile en Alsace pour ne pas intervenir sur les sites occupés, rencontre avec le peloton de gendarmerie de montagne, travail avec le parc naturel régional des Ballons des Vosges pour une charte, rencontre avec les fédérations de sports de pleine nature pour la mise en place d'une charte, convention sur des carrières en exploitation, travail en collaboration avec l'ONF pour préserver la quiétude des sites…

Remarque : depuis 2011, les bilans de la reproduction du Faucon pèlerin dans le massif vosgien et la plaine d’Alsace ont été dissociés.

Situation en 2012

Bilan de la nidification du faucon pèlerin en plaine

En 2012, 22 sites favorables ou anciennement occupés par le faucon pèlerin ont été suivis en plaine d'Alsace. Une vingtaine de bénévoles et de sympathisants de la LPO Alsace ont pu confirmer la nidification sur 15 de ces sites. Il s’agissait d'une carrière en roche, de 3 pylônes haute-tension et de 10 bâtiments : église, silo, usine, tour de télécommunication. Deux nouveaux sites ont été recensés sur un pylône haute-tension et dans une usine.

La réussite de reproduction a été plus importante qu'en 2011, notamment grâce aux conditions météorologiques favorables durant le printemps : 7 couples ont mené 19 jeunes à l’envol. A noter que sur la seule agglomération strasbourgeoise, ce sont 11 jeunes qui se sont envolés (4 couples producteurs) !

L'expansion de l’espèce dans les milieux urbains et en plaine se poursuit donc en 2012.

Des mesures de protection ont été mises en œuvre sur plusieurs sites. Des nichoirs ont été remplacés ou installés sur des bâtiments industriels qui accueillaient déjà un couple de Faucon pèlerin pour la reproduction. Dans ces entreprises, des recommandations pour la quiétude des sites de reproduction ont été prodiguées aux employés par les surveillants. Une convention avec RTE (Réseau de Transport d'Electricité) pour préserver les aires de faucon pèlerin (et des autres faucons) lors des opérations de maintenance des lignes électriques, plus particulièrement les pylônes, a aussi été signée.

Bilan dans le massif vosgien

160 sites favorables ou anciennement occupés par le faucon pèlerin dans le massif vosgien ont été suivis par plusieurs dizaines de bénévoles en 2012 et 80 territoires occupés par l’espèce ont été dénombrés. De plus, 4 nouveaux sites, en falaises naturelles, ont été occupés par l’espèce cette année.

53 couples nicheurs ont été recensés et parmi ceux-ci 36 ont élevé 95 jeunes jusqu’à l’envol, soit un taux de 2,6 jeunes/couple producteur. En 2011, ce taux était inférieur (2,5 juv/c) mais avec  39 couples producteurs et 99 jeunes. Cette bonne productivité de 2012 est due vraisemblablement aux conditions météorologiques printanières favorables, notamment des précipitations peu importantes. Des prédations sur les jeunes ont été observés sur quatre sites et un cinquième échec était dû à des perturbations par le grand corbeau.

Des mesures de protection ont été initiées ou poursuivies sur plusieurs sites : accord avec la sécurité civile en Alsace pour ne pas intervenir sur les sites occupés (limitation des survols en hélicoptère), travail avec le parc naturel régional des Ballons des Vosges pour une convention avec les fédérations de sports de pleine nature, convention sur des carrières en exploitation… Une analyse des données historiques a été réalisée en collaboration avec le CNRS par une étudiante de Master 2.

 

 


 

Situation en 2011

Bilan de la nidification du faucon pèlerin dans le massif vosgien en 2011

Remarque : depuis 2011, les bilans de la reproduction du faucon pèlerin dans le massif vosgien et la plaine d’Alsace ont été dissociés.

En 2011, 131 sites favorables ou anciennement occupés par le Faucon pèlerin ont été suivis par plusieurs dizaines de bénévoles sur le massif vosgien. 78 territoires occupés par l’espèce ont été dénombrés dont 5 par des couples non reproducteurs et 20 par des couples possibles ou probables.

53 couples nicheurs ont été recensés et parmi ceux-ci 39 ont élevé 99 jeunes jusqu’à l’envol, soit un taux de 2,5 jeunes/couple producteur. En 2010, ce taux était similaire mais avec seulement 31 couples producteurs et 79 jeunes. Cette bonne productivité est due vraisemblablement aux bonnes conditions météorologiques printanières (absence de précipitations). Néanmoins, ces conditions ont aussi eu un effet pervers, puisque plusieurs échecs ont été observés sur des sites fréquentés précocement pour la pratique de sport de pleine nature. A noter aussi que 4 échecs ont été signalés sur des carrières en exploitation, et que 2 autres cas étaient liés à des perturbations par le grand corbeau. L’expansion du grand-duc d’Europe se poursuit et plusieurs sites (au moins 3) occupés auparavant par le faucon ont été occupés par ce rapace nocturne. Un autre cas d’échec documenté est dû à la prédation par un mustélidé.

Les mesures de protection ont été poursuivies sur plusieurs sites : discussions avec la sécurité civile suite au survol de sites occupés, convention avec des carrières en exploitation…

5 nouveaux sites ont été occupés par l’espèce cette année, dont 4 falaises naturelles et une carrière.

Bilan de la nidification du faucon pèlerin dans la plaine d’Alsace en 2011

En 2011, 23 sites favorables ou anciennement occupés par le faucon pèlerin ont été suivis par une dizaine de bénévoles en plaine, et 13 de ces sites étaient occupés. Il s’agissait de bâtiments (église, silo, usine : 8 cas), de pylônes haute-tension (3 cas), d’une tour de télécommunication et d’une carrière.

La réussite de reproduction a été très faible puisque seuls 2 couples (un dans une carrière et un sur un bâtiment) ont mené 3 jeunes à l’envol : sur les 7 couples nicheurs certains, 5 cas d’échecs ont été constatés, ce qui représente un taux d’échec très important. Les causes d’échec sont inconnues pour la plupart. Seul un cas est documenté, avec la chute du nid situé sur un pylône haute-tension.

Aucun nouveau site occupé n’a été repéré cette année contrairement aux années précédentes et l’expansion de l’espèce dans les milieux urbains et en plaine semble avoir ralenti. Ces données sont néanmoins à considérer avec précautions car la détection des oiseaux nicheurs s’avère très délicate notamment pour ceux s’installant sur les pylônes haute-tension.

Des mesures de protection ont été mises en œuvre sur plusieurs sites. Des nichoirs ont aussi été installés sur des bâtiments industriels qui accueillaient déjà un couple de faucon pèlerin pour la reproduction. Sur les sites industriels, les recommandations pour la quiétude des sites de reproduction ont été prodiguées par la LPO aux entreprises concernées.

 

 


 

Situation en  2010

 En 2010, ce sont 119 sites favorables ou anciennement occupés par le Faucon pèlerin qui ont été suivis par plusieurs dizaines de bénévoles en plaine d’Alsace et sur le massif vosgien. 79 de ces sites étaient occupés par l’espèce.

55 couples nicheurs ont été recensés et parmi ceux-ci 30 ont élevé 72 jeunes jusqu’à l’envol, soit un taux de 2,4 jeunes/couple producteur. La diminution du nombre de couples reproducteurs a été sensible cette année (voir graphique). Elle est due en partie à la météorologie défavorable (chutes de neige importantes et vague de froid en mars, et fortes pluies et orages en mai et début juin avec des températures fraîches), et à la compétition pour les sites de reproduction avec le grand-duc d’Europe ; cette espèce a en effet connu une expansion de son aire de répartition cette année et colonisé des sites occupés par le faucon pèlerin. Les 10 cas d’échecs documentés sont liés au grand-duc d’Europe (4 cas), à la prédation (3 cas dont un par un mustélidé), à la météorologie (2 cas liés à la pluie) et à un dérangement anthropique (1 cas de proximité d’un sentier de randonnée), mais la part des échecs liés aux intempéries est vraisemblablement plus importante.


Cliquer sur l'image pour télécharger le graphique (bilan des années 1968 à 2010)

 

Des mesures de protection ont été mises en œuvre sur plusieurs sites. Des discussions avec RTE ont permis de reporter des travaux d’entretien qui menaçaient un couple et ses jeunes sur un pylônes haute-tension. Des travaux de coupe d’arbres sur une carrière ont été reportés. Des discussions avec la mairie de Mulhouse ont aussi permis de préserver la reproduction d’un couple. Des nichoirs ont aussi été mis en place sur des bâtiments industriels qui accueillaient déjà un couple de faucon pèlerin pour la reproduction.

5 nouveaux territoires ont été occupés par l’espèce cette année. Trois de ces nouveaux sites sont des sites anthropiques situés en plaine d’Alsace (2 pylônes haute et moyenne tension et une église). Ces résultats mettent en évidence l’extension de l’aire de répartition de l’espèce en plaine sur des sites artificiel, phénomène sans doute lié à une saturation des sites favorables dans le massif vosgien et à la compétition avec le grand-duc d’Europe sur les sites rupestres.

Il existe donc actuellement un contexte défavorable à la reproduction du faucon pèlerin lié à l’augmentation constante du nombre d’échecs. Si cette espèce ne réussissait pas à compenser la perte de ses sites de reproduction naturels, cela pourrait affecter à terme la dynamique de l’espèce.

 

Ce travail de recensement  du faucon pèlerin permet de mettre en place des mesures de conservation adéquates ; une partie des sites est incluse dans le SIBA et participe à l'évaluation de l'évolution de la biodiversité en Alsace. Pour ces raisons, toute personne soucieuse de la préservation de ce rapace emblématique est invitée à rejoindre le réseau de bénévoles qui effectuent le suivi et que nous tenons à remercier.

 


Situation en 2009

135 sites ont fait l'objet de prospection par plusieurs associations, sous la coordination de la LPO-Alsace. 87 étaient occupés dans le massif vosgien et dans la plaine alsacienne. Malheureusement, les résultats concernant le département des Vosges ne nous ont pas été communiqués.

69 couples ont tenté de se reproduire mais seuls 31 ont pu mener un ou plusieurs jeunes à l'envol. 23 échecs sont à signaler en 2009 : le nombre d’échecs est en accroissement ces dernières années.

Au final, ce sont 72 jeunes qui ont été comptabilisés à l’envol, soit une réussite de 2,3 jeunes par couple producteur.

L’espèce continue son expansion en plaine et sur les sites anthropiques. 10 nouveaux territoires ont été occupés par l’espèce cette année, principalement en plaine, et 4 couples occupent des pylônes électriques, et un autre une tour de télécommunication. Les bâtiments sont eux aussi de plus en plus prisés : 6 couples nichent dans Strasbourg et sa banlieue.

La recolonisation par le hibou grand-duc du massif vosgien se poursuit, et l’espèce occupe maintenant des sites anciennement utilisés par le faucon pèlerin pour sa reproduction.

Des mesures de protection (surveillance de l’aire, décalage des travaux…) ont été mises en œuvre sur des carrières en exploitation dans le cadre de partenariat avec les entreprises.

 

 


Situation en 2008

 

Durant la saison de reproduction 2008, 135 sites favorables à la reproduction du faucon pèlerin sur le massif vosgien et dans la plaine alsacienne ont fait l'objet de prospection par plusieurs associations, sous la coordination de la LPO-Alsace. Parmi ces sites, 87 étaient occupés par le faucon pèlerin. Sur ces sites, 78 couples ont tenté de se reproduire (couples reproducteurs), mais seuls 31 ont pu mener un ou plusieurs jeunes à l'envol (couples producteurs). Ce résultat montre un taux d’échec important en 2008. D’une manière générale, le nombre d’échecs est en accroissement ces dernières années. La météorologie a été particulièrement défavorable durant le printemps avec un enneigement important fin mars ; cet épisode climatique a provoqué l’abandon de nombreuses pontes placées sur des sites mal exposés ou mal abrités. Les cas de prédation ont faiblement augmenté cette année-là avec 5 cas documentés (3 cas en 2007). Note positive, il faut noter qu’aucun cas de dérangement lié à des activités humaines n’a été signalé.
Au final, ce sont seulement 69 jeunes qui ont été comptabilisés à l’envol, soit une réussite de 2,2 jeunes par couple producteur.
5 nouveaux territoires ont été occupés par l’espèce , et un ancien site a été réoccupé après 7 années d’absence. La recolonisation de la plaine d’Alsace se poursuit, avec l’occupation de 8 édifices, parmi lesquels deux nouveaux sites ; un de ceux-ci est un pylône haute tension, ce qui est une première en Alsace. Deux jeunes se sont envolés de ce site atypique.
Des mesures de protection ont été mises en œuvre sur plusieurs sites. Des nichoirs ont aussi été mis en place sur des bâtiments industriels qui accueillaient déjà un couple de faucon pèlerin pour la reproduction. L’objectif de la mise en place de ces installations est de permettre une meilleure quiétude des couples.
Ce travail de recensement  du faucon pèlerin permet de mettre en place des mesures de conservation adéquates ; une partie des sites est incluse dans le programme SIBA (voir ci-dessous) et participe à l'évaluation de l'évolution de la biodiversité en Alsace.

 

 


Situation en 2007

 

En 2007, 90 sites occupés par le faucon pèlerin ont été recensés par différentes associations, sous la coordination de la LPO-Alsace, dans le massif vosgien et dans la plaine alsacienne. 129 sites au total ont fait l'objet de prospections. Parmi les 90 sites occupés, 73 couples ont tenté de se reproduire (couples reproducteurs) et 45 ont pu mener un ou des jeunes à l'envol (couples producteurs). 22 échecs avérés ont été signalés malgré la météorologie favorable durant le printemps : les causes de la plupart n'ont pas été identifiées mais pour les 5 cas documentés, trois sont dûs à la prédation (grand corbeau et hibou grand-duc), un à un acte de vandalisme (destruction des nichées sur des sites utilisés pour la pratique de l'escalade),et le dernier à des dérangements liés à des travaux forestiers. Le climat très doux a peut-être accentué les dérangements liés aux loisirs de plein air lors de la période de plus grande sensibilité des oiseaux durant la couvaison. Toutefois, ce sont 96 jeunes qui ont pu s'envoler, soit une réussite de 2,1 jeunes par couple producteur. Les résultats d'occupation des sites sont sensiblement identiques à ceux de 2005 et 2006, mais la productivité a diminué (soit 10 jeunes de moins qu'en 2006) suite à l'augmentation du nombre d'échecs.

3 nouveaux sites occupés par ce rapace ont été localisés grâce à une prospection des sites favorables par les bénévoles en charge du suivi.

L'espèce confirme sa présence en plaine avec la seconde réussite de reproduction à Mulhouse, et 3 sites occupés à Strasbourg dont 2 avec un et deux jeunes à l'envol.

Des mesures de protection ont été mises en œuvre sur plusieurs sites, avec notamment une convention sur un site d'escalade grâce à la bonne volonté des acteurs concernés (commune, varappeurs).

 


Situation en 2006

 

En 2006, parmi les 91 sites occupés, 75 couples ont tenté de se reproduire (couples reproducteurs) et 47 ont pu mener un ou des jeunes à l'envol (couples producteurs). 18 échecs avérés ont été signalés : ils sont dus à une météorologie assez défavorable (vague de froid et fortes chutes de neige en mars), mais aussi à des actes de vandalisme (destruction des nichées sur des sites utilisés pour la pratique de l'escalade), ou à la prédation (grand corbeau et hibou grand-duc). Néanmoins, ce sont 106 jeunes qui ont pu s'envoler, soit une réussite de 2,3 jeunes par couple producteur.

L'espèce continue sa progression en plaine avec la première réussite de reproduction sur un temple à Mulhouse, 2 nouveaux couples à Strasbourg, et un dans le Haut-Rhin sur une usine le long du Rhin.



Présentation de l’espèce

Photo Emile Barbelette - LPO FrancePhoto Emile Barbelette - LPO FranceLe milan royal est le plus grand rapace diurne nicheur d'Alsace. Il est un peu plus grand que son cousin le milan noir et a une queue rousse échancrée caractéristique, facilement observable.

Rapace des milieux ouverts, le milan royal est opportuniste et très charognard ; il est lié à une agriculture extensive dominée par l’élevage traditionnel. Ce type de paysage que l'on rencontre encore en Alsace Bossue lui procure une nourriture abondante et variée ; la présence de parcelles cultivées lui est favorable, à condition que leur surface reste minoritaire par rapport aux herbages. Il niche dans les bois ou les haies pourvus de gros arbres. Les populations du nord de l'Europe (dont celles d'Alsace) sont migratrices. Les autres sont sédentaires.

Leur répartition géographique s'étend depuis l'Afrique du Nord jusqu'à la Russie. Mais l’espèce n'en demeure pas moins menacée au niveau mondial.

 


Statut juridique et liste rouge

Le milan royal est, comme tous les rapaces, protégé sur l’ensemble du territoire français par l'arrêté ministériel du 29 octobre 2009 (abrogation de l’arrêté ministériel modifié du 17 avril 1981). La protection de l’habitat est dorénavant prise en compte dans son article 3-II : « Sont interdites … la destruction, l’altération ou la dégradation des sites de reproduction et des aires de repos des animaux. Ces interdictions s’appliquent aux éléments physiques ou biologiques réputés nécessaires à la reproduction ou au repos de l’espèce considérée… Â». Il figure en Annexe I de la Directive Oiseaux et en Annexe II de la Convention de Berne. Cette espèce est classée "En danger" sur la Liste Rouge des oiseaux nicheurs d'Alsace et "Vulnérable" sur la Liste Rouge française.

 


Evolution des effectifs

En France, l’aire de distribution de ce rapace se limite à une large bande diagonale du Sud-Ouest au Nord-Est du pays et à la Corse. Il y a entre 3000 et 3900 couples nicheurs (résultats de l'enquête nationale LPO sur les rapaces, 1999-2002). Le milan royal a, semble-t-il, considérablement diminué depuis le XIXème siècle, bien qu’une augmentation passagère ait eu lieu entre 1975 et 1990. Depuis 1990, la régression a repris.

 

Bilan 2015 en Alsace

Le recensement des couples nicheurs s’est poursuivi en 2015 sur toute l'Alsace pour la septième année consécutive. Les populations nicheuses se concentrent dans le sud de l'Alsace (Jura alsacien et Sundgau - 22 à 26 couples.) et dans le nord-ouest (Alsace bossue et franges mosellanes limitrophes - 15 couples). 51 jeunes à l'envol ont été observées cette année.
Hormis ces 2 bastions, 4 à 5 couples ont été recensés dans le Pays de Hanau, 1 dans un Ried et 1 et sur les collines sous-vosgiennes.L’estimation de la population alsacienne se situe donc entre 42 et 48 couples.

Trois cas d’empoisonnement ont été recensés en 2015 : 2 milans royaux morts ont été trouvés, et un a été recueilli au Centre de soins de la LPO Alsace et il a pu être relâché.
La collaboration avec l'ONF s'est poursuivie.

 

Répartition des couples nicheurs en 2014Répartition des couples nicheurs en 2014

Suivi de la population nicheuse en 2014 en Alsace

La recherche des couples nicheurs a été poursuivie dans les derniers bastions de l’espèce : Alsace bossue, Jura alsacien, Sundgau des étangs, Bas Sundgau et Pays de Hanau. Un effort particulier a été accordé au suivi de la nidification des couples : définition des caractères biologiques des sites de reproduction, vérification de la couvaison par la femelle, nombre de jeunes à l’envol.

 

Les prospections 2014 font état d’une population de 34 à 44 couples nicheurs sur l’ensemble de l’Alsace, soit l’effectif le plus faible enregistré avec l’année 2013 depuis le début du suivi régional en 2009.

 

 

 

 

Productivité des couples nicheurs en 2014Productivité des couples nicheurs en 2014

 En ce qui concerne le succès de reproduction en 2014, sur 28 couples ayant pondu, il est de 1,39 jeunes par couple nicheur avec une taille des nichées moyenne de 1,63 jeunes (39 jeunes à l’envol au total).

 

Quatre échecs de reproduction ont été constatés cette année pour des raisons inconnues (pas d’effondrement d’aire constaté). A titre de comparaison, au niveau national, le succès reproducteur était de 1,28 jeunes par couple, et la taille des nichées à l’envol de 1,66 jeunes. La moyenne régionale reflète bien cette situation.

 

 

 

 

 

  Suivi de la population hivernante en janvier 2014 en Alsace

Pour la 8ème année consécutive, et afin de suivre au mieux l’évolution des Milans royaux hivernants, un comptage simultané a eu lieu les 4 et 5 janvier 2014.
En Alsace, sur l'ensemble du week-end, 10 à 11 Milans royaux ont été observés, la majorité dans le Haut-Rhin. Le nombre d’oiseaux observés en période hivernale dans le Haut-Rhin est en augmentation durant la dernière décennie, ceci étant probablement lié à l’hivernage de nombreux oiseaux en Suisse limitrophe, ainsi qu’à la disponibilité alimentaire favorable localement.

Milans royaux hivernants en France, janvier 2014Milans royaux hivernants en France, janvier 2014

 

 


Evolution de la population nicheuse de 2009 à 2014 en Alsace

 

Le graphique ci-dessous présente l’évolution interannuelle de l’effectif régional. La population régionale semble donc en légère baisse depuis le début du suivi.

Evolution des couples nicheurs de 2009 à 2014Evolution des couples nicheurs de 2009 à 2014

 

 

Les graphiques suivants représentent l’évolution des paramètres démographiques depuis le début du suivi. Comme pour l’évolution du nombre de couples, l’augmentation du nombre de jeunes et celle du nombre de femelles incubatrices jusqu’en 2012 est à mettre en relation avec une amélioration qualitative du suivi réalisé d’année en année. La diminution de ces deux paramètres en 2013 est à corréler avec le contexte météorologique défavorable pour la nidification du Milan royal.

 

Evolution du nombre de femelles incubatrices de 2009 à 2014Evolution du nombre de femelles incubatrices de 2009 à 2014

 

Evolution du nombre de jeunes de 2009 à 2014Evolution du nombre de jeunes de 2009 à 2014

 

Evolution de la taille des nichees de 2009 à 2014Evolution de la taille des nichees de 2009 à 2014

 

 

Plus précisément, la répartition des couples nicheurs sur le territoire alsacien est répartie comme suit : environ un tiers de la population se situe dans le Bas-Rhin, principalement en Alsace bossue et sur le piémont des Vosges du Nord. La majeure partie de la population du Haut-Rhin se situe maintenant dans le Jura alsacien et le Sundgau des étangs, le Bas Sundgau ayant été progressivement déserté par l’espèce.

Milan-royal evolution effectifs regions naturelles 2009-2014Milan-royal evolution effectifs regions naturelles 2009-2014

 


Facteurs de menace

Au niveau français et européen, deux problèmes majeurs contribuent au déclin d’une partie de la population du milan royal : le changement d’utilisation des terres (intensification de l’agriculture) et l’empoisonnement, qu’il soit direct ou indirect. Face à la chute dramatique des effectifs du Nord-Est de la France, un plan national de restauration a été lancé en 2002. 

Pour la population alsacienne, en plus des modifications des pratiques agricoles et de certaines pratiques d’empoisonnement volontaire (au moins 3 cas en 2015 dont 2 mortels) ou de tir sur les sites d'hivernage (hors Alsace), d’autres facteurs de menace pèsent sur le milan royal : dérangements sur les sites de reproduction et destruction involontaire des aires (travaux forestiers notamment), fermeture des décharges, augmentation du déficit en nourriture en période de nourrissage des jeunes en raison de la raréfaction des prairies conduisant à l’échec de la reproduction, création de parcs éoliens et nouvelle réglementation en matière d'hygiène des activités agro-pastorales.

Face à ces menaces, un Plan régional d’actions a été validé en 2012 par la DREAL Alsace et plusieurs mesures sont mises en œuvre depuis.

 


Etudes et protection

Plusieurs recensements ont eu lieu en Alsace dans les derniers bastions de l’espèce. En Alsace bossue, un quadrat-témoin de 50 km² a été suivi chaque printemps pendant 3 ans. En 2002, 5 à 6 couples nichaient dans cette zone, tandis qu'en 2004, il n'en restait qu'un seul.

Face à l'urgence de la situation, la LPO Alsace a réagi concrètement : deux formations destinées aux agents de l’ONF ont été réalisées en 2005 et 2006 afin de leur présenter l’espèce et montrer les techniques permettant de maintenir les zones favorables à la nidification de l'espèce dans les massifs gérés par l’ONF. Chaque aire occupée découverte est signalée aux agents de l'ONF qui protègent l'arbre porteur et les travaux pendant la période de reproduction sont interdits.

 

En 2012 , une attention toute particulière a été portée à un couple nichant à proximité d’un projet industriel potentiellement dangereux (en Alsace). Après les premières observations en 2011, la LPO a piloté un projet de suivi du couple pour l'année 2012, accepté et financé par l’industriel et en partenariat avec l'Institut de Recherche pour le Développement (François Baillon), le Centre National de la Recherche Scientifique (Damien Chevallier), le Parc Naturel Régional des Vosges du Nord et l'association la Grange aux Paysages.

L'objectif principal du suivi est d'évaluer la sensibilité du couple de milans royaux au futur projet industriel afin de pouvoir proposer, à terme, des mesures d'atténuation du risque ou des mesures compensatoires et de bénéficier d'un retour d'expérience pour l'aménagement d'autres projets de ce type.

Dans ce cadre, le milan royal mâle adulte  et une femelle adulte qui occupaient le secteur ont été capturés et équipés d’une balise Argos GPS et d'un émetteur VHF. Ils ont été baptisés Don Quichotte et Dulcinée.  En complément de l'étude portant sur la nidification des oiseaux, les équipements posés sur ces 2 adultes permettront également un suivi inédit de la migration et de l'hivernage d'un milan de cette population du nord-est de la France.

 

CLIQUER SUR LES IMAGES

Don Quichotte, équipé d'une balise - Photo Margane BricardDon Quichotte, équipé d'une balise - Photo Margane Bricard Un individu adulte - Photo Vadim HeuackerUn individu adulte - Photo Vadim Heuacker

Cliquer sur l'image de gauche pour connaître l'itinéraire migratoire post-nuptial de 2012 et sur l'image de droite pour l'itinéraire pré-nuptial de 2013 de Don Quichotte

 

Photo Vincent MichelPhoto Vincent Michel  

 Cliquer sur l'image pour connaître l'itinéraire migratoire post-nuptial 2013 de Don Quichotte.

 

Depuis 2009, afin d'avoir une meilleure connaissance de l'espèce, un recensement des couples nicheurs dans les derniers bastions de l’espèce est réalisé : Alsace bossue, Jura alsacien, Sundgau et bordure est des Vosges du nord.
 
L'espèce pouvant disparaître de la région, plusieurs actions sont en cours ou à engager à l’avenir (ces actions sont détaillées dans le Plan régional d’actions) :

  • une sensibilisation des populations concernées (agriculteurs, forestiers, chasseurs, scolaires...) est à réaliser
  • la protection des sites de nidification par voie réglementaire (APB, ZPS*, protection des massifs forestiers...) et une modification des pratiques culturales (MAE**) sont aussi à réaliser
  • une vigilance maintenue vis-à-vis des projets de parc éolien pouvant nuire aux couples nicheurs
  • le maintien du suivi de tous les sites de reproduction connus afin de connaître leur évolution.

 

Le milan royal pourrait ainsi devenir le symbole d'une campagne de promotion d'un système agricole qui reposerait sur des pratiques fondamentalement respectueuses de l'environnement, de l'homme et des animaux d'élevage, d'un tourisme vert et de la valorisation de produits locaux.

 *APB : Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope / ZPS : Zone de Protection Spéciale

** MAE : Mesures agri-environnementales

 

 

Le grand-duc d’Europe, un hibou, est le plus grand rapace nocturne d’Europe : on peut le surnommer le «roi de la nuit», car c’est lui le superprédateur nocturne.

Présentation de l’espèce

Jeune tout récemment envolé - Photo Yves MullerJeune tout récemment envolé - Photo Yves MullerLe grand-duc est facilement reconnaissable à sa taille impressionnante (envergure de 155 à 180 cm et poids jusqu’à 3,25 kg pour la femelle). Il se situe au sommet de la chaîne alimentaire et peut consommer toutes sortes de proies de taille très variable, du campagnol au jeune renard, en passant par le rat surmulot, le faucon pèlerin, la corneille ou le hérisson.

Sédentaire toute l’année, il fréquente les milieux ouverts ou semi-ouverts pour se nourrir, mais niche dans des sites rupestres comme des carrières ou des parois rocheuses envahies par des herbes hautes afin de pouvoir se cacher. Malgré sa taille, il reste très discret.

 

Statut juridique et liste rouge

Le grand-duc d’Europe fait partie des espèces strictement protégées par l'arrêté ministériel du 29 octobre 2009 (abrogation de l’arrêté ministériel modifié du 17 avril 1981). La protection de l’habitat est dorénavant prise en compte dans son article 3-II : « Sont interdites … la destruction, l’altération ou la dégradation des sites de reproduction et des aires de repos des animaux. Ces interdictions s’appliquent aux éléments physiques ou biologiques réputés nécessaires à la reproduction ou au repos de l’espèce considérée … Â». Il est inscrit sur la Liste Rouge des oiseaux nicheurs d’Alsace avec un statut « Vulnérable Â».

Il figure sur la directive oiseaux niveau I et bénéficie d’une mesure de protection au niveau national également de niveau I.

 


Population

Historique

Disparu de notre région dans la première moitié du XXe siècle, le grand-duc a été réintroduit avec succès à partir des années 1970. Les auteurs du XIXe siècle le signalent sédentaire dans les Hautes-Vosges, mais Schneider précise déjà qu’il est devenu rare. Il niche encore en 1906 et 1914 sur la commune de Ban-sur-Meurthe dans le département des Vosges et après la guerre 1914-18 dans les rochers de Wildenstein, Haut-Rhin. C’est ici que l’espèce aurait disparu de notre territoire avec le tir d’un dernier spécimen en 1938.

Sa réintroduction est tentée une première fois en 1972 avec le lâcher de deux jeunes près de Barr. Elle a été interrompue par la suite à la demande du FIR (Fonds d’Intervention pour les Rapaces) qui souhaitait protéger les derniers faucons pèlerins présents sur le massif vosgien, cette espèce figurant parmi les proies potentielles du grand-duc.

Les tentatives suivantes eurent lieu dans le Sud du département à partir de 1977, avec la mise en liberté d’une quinzaine d’individus dont des couples avec des jeunes, sous l'impulsion de Michel Heyberger. A la même époque, d’autres oiseaux furent introduits dans le Jura suisse. Ces lâchers ont permis l’installation de 2 à 3 couples dans ce secteur et une première nidification alsacienne a été constatée en 1985 avec 3 jeunes à l'envol.

Les réintroductions massives de grands-ducs en République Fédérale Allemande (1400 individus lâchés de 1964 à 1986) sont sans doute à l’origine des oiseaux observés dans les Vosges du Nord, avec une première nichée de 4 jeunes à l’envol en 1986.

Bilan de la nidification du grand-duc d'Europe en 2015

La recolonisation de la plaine d'Alsace semble marquer le pas avec une diminution du nombre de territoires occupés. Mais ceci peut être du à une prospection moins soutenue sur certains secteurs. De plus, la détection des jeunes est ardue notamment dans les massifs forestiers de plaine. Les sites de reproduction se situent dans des grandes forêts de plaine et dans les massifs forestiers des rieds, souvent à proximité d'un cours d'eau ou une gravière.

 

La prospection dans le massif vosgien durant la saison de reproduction 2015 s'est accentuée grâce à une collaboration accrue avec les 2 parcs naturels régionaux et l'implication de nombreux naturalistes locaux et groupes de la LPO. 2015 est une très bonne année de reproduction avec des chiffres record en terme du nombre de territoires occupés (7 de plus qu'en 2014), de couples (22 à 34) et de jeunes à l'envol (au moins 49 !). La productivité est de 2,4 juv/couple producteur. Seuls 2 échecs sont à signaler dont une par prédation. Le Grand-duc poursuit sa recolonisation du massif vosgien. Plusieurs mesures de protection ont été mises en place et se poursuivent : certains sites en carrière bénéficient d'une convention de gestion ainsi que de la collaboration de la sécurité civile d' Alsace, ce qui a permis l'arrêt de la pratique d'exercices sur les sites occupés. Des discussions avec les associations de grimpeurs sont aussi en cours.

Bilan de la nidification du grand-duc d'Europe en 2014

L'extension de la population de grand-duc se poursuit en plaine d'Alsace : le nombre de sites occupés est passé de 5 (2012) à 9 (2013), puis 12 en 2014 ; mais comme en 2013, seuls 2 couples ont pondu. La réussite de reproduction a été très faible puisqu'un seul couple a réussi sa reproduction et a élevé 1 jeune. Les sites de reproduction se situent dans des grandes forêts de plaine et dans les massifs forestiers des rieds, souvent à proximité d'un cours d'eau ou une gravière. Sur certains sites forestiers, des contacts avec l'ONF ont été pris pour que des mesures favorables à la reproduction soient mises en place.

La prospection dans le massif vosgien durant la saison de reproduction 2014 s'est poursuivie grâce à une collaboration avec les 2 parcs naturels régionaux et l'implication de nombreux naturalistes et groupes locaux de la LPO. L’espèce a connu en 2014 une bonne année de reproduction : 4 territoires en plus recensés par rapport à 2013 sur le massif vosgien, 12 couples ont réussi leur reproduction (contre 4 en 2013) et 26 jeunes à l'envol ont été recensés (7 en 2013). La productivité est de 2,2 juvéniles/couple producteur. Un échec s'est produit sur un site de nidification accueillant un stand de tir où le nid a été pris comme cible... Ce qui a provoqué son abandon. Plusieurs mesures de protection ont été mises en place : certains sites en carrière bénéficient désormais d'une convention de gestion ainsi que de la collaboration de la sécurité civile d' Alsace, ce qui a permis l'arrêt de la pratique d'exercices sur les sites occupés. Des discussions avec les associations de grimpeurs sont encore en cours.

 

Bilan de la nidification du grand-duc d'Europe en 2013

La prospection du Grand-duc d'Europe dans le massif vosgien durant la saison de reproduction 2013 s'est à nouveau accentuée grâce à une collaboration avec les 2 parcs naturels régionaux et l'implication de nombreux naturalistes locaux et groupes de la LPO. Sur les 55 sites contrôlés, 28 étaient occupés par l'espèce.

Mais ce rapace nocturne a connu en 2013 une très mauvaise année de reproduction : 6 territoires en moins recensés par rapport à 2012 sur le massif vosgien, seuls 4 couples à avoir réussi leur reproduction contre 19 en 2012 et 7 jeunes à l'envol recensés (36 en 2012). La productivité est de 1,8 juv/couple producteur. 6 échecs ont été relevés, la majorité vraisemblablement dus aux facteurs climatiques particulièrement difficiles : période de froid en mars, mois de mai froid et pluvieux, orages. A noter que sur la même commune 3 Grands-ducs ont été trouvés morts en 2013 dont 2 électrocutés. Des démarches sont en cours auprès d'EDF pour neutraliser les pylônes meurtriers.

Plusieurs mesures de protection ont été mises en place et se poursuivent : certains sites en carrière bénéficient d'une convention de gestion, et la collaboration avec la sécurité civile en Alsace, ce qui a permis l'arrêt des exercices sur les sites occupés. Des discussions avec les associations d'escalade sont aussi en cours.

 

En plaine d'Alsace, le Grand-duc continue d'étendre son territoire : le nombre de sites occupés est passé de 5 en 2012 à 9 en 2013, mais seuls 2 couples ont pondu. Les conditions météorologiques très défavorables (période de froid en mars, mois de mai froid et pluvieux, orages) ont causé une très mauvaise reproduction.  Un seul couple a réussi sa reproduction et a élevé 3 jeunes. Les sites de reproduction se situent dans des grandes forêts de plaine et dans les massifs forestiers des Rieds (zones humides). Sur certains sites forestiers, des contacts avec l'ONF ont été pris pour que des mesures favorables à la reproduction soient mises en place.

 

Bilan de la nidification du grand-duc d'Europe en 2012

La prospection dans le massif vosgien durant la saison de reproduction 2012 s'est encore accentuée, grâce à une collaboration avec les 2 parcs naturels régionaux et l'implication de nombreux naturalistes locaux et groupes de la LPO. L’espèce continue son expansion sur le massif vosgien avec 7 territoires supplémentaires recensés par rapport à 2011. 36 jeunes à l'envol ont été recensés (23 en 2011).  La productivité est de 1,9 juv/couple producteur. Un seul échec a été relevé. A noter qu'un adulte et un jeune ont été retrouvés morts à  proximité de leurs sites de reproduction. L'adulte portait une bague allemande. Plusieurs mesures de protection ont été mises en place : certains sites en carrière bénéficient d'une convention de gestion et un accord avec la sécurité civile en Alsace pour ne plus pratiquer d'exercices en hélicoptère sur les sites occupés a été acté. Le bilan de la reproduction dans le massif vosgien et la plaine d'Alsace sont dissociés depuis cette année

 

L'espèce continue son expansion dans la plaine d'Alsace avec un nouveau territoire découvert cette année. En 2012, il y avait 5 territoires occupés sur cette zone, et 4 couples producteurs avec 7 jeunes à l'envol, soit une productivité de 1,8 (contre 1,9 sur le massif vosgien). Les sites de reproduction se situent dans de grandes forêts de plaine et dans des massifs forestiers des rieds (zones humides). Le bilan de la reproduction dans le massif vosgien et la plaine d'Alsace sont dissociés depuis cette année.

 

Bilan de la nidification du grand-duc d’Europe  en 2011

En 2011, 31 sites accueillant le grand-duc d’Europe dans le massif vosgien (Alsace, Franche-Comté et Lorraine) et en plaine ont été recensés. 23 jeunes à l’envol ont été observés. La prospection durant cette saison de reproduction s'est accentuée par rapport aux 2 précédentes années, ceci en partie grâce à une collaboration accrue avec les 2 parcs naturels régionaux et l'implication de nombreux naturalistes locaux (plus d’une cinquantaine). L’espèce continue son expansion en Alsace tant sur le massif vosgien qu’en plaine avec 5 territoires supplémentaires recensés par rapport à 2010.

 

En plaine d’Alsace, ce sont 3 territoires qui ont été dénombrés. A noter parmi ceux-ci la découverte d’un couple nichant au sol qui a élevé 3 jeunes.

Le grand-duc d’Europe est une espèce pour laquelle le recensement est particulièrement difficile en raison de ses mœurs nocturnes et des sites de reproduction qu’elle tend à adopter ces dernières années. Les estimations annuelles représentent donc un effectif minimal.

Par ailleurs, un adulte a été retrouvé électrocuté alors qu'il tenait dans ses serres une chouette effraie, et un jeune blessé a été recueilli au centre de soins où il a succombé. Un autre oiseau recueilli en 2010 au centre de soins a quant à lui pu être relâché.

 

 


Facteurs de menace

 

La principale menace est la pratique non maîtrisée de loisirs de plein air susceptibles de provoquer des dérangements dans les falaises, comme l’escalade, le deltaplane et le parapente. Une concertation avec tous les acteurs est ici indispensable. Une autre préoccupation vient des risques d’électrocution et de percussion avec les lignes aériennes au vu de l’envergure impressionnante de l’oiseau.

Les dérangements par des naturalistes et des photographes animaliers peu respectueux des distances d’observation, peuvent constituer une autre menace pour ce magnifique oiseau rare.

 

 


Etudes et protection

 

La LPO Alsace a initié plusieurs actions en faveur du grand duc d’Europe :

  • Suivis des sites afin d’assurer leur tranquillité pendant la période de nidification
  • Conseils auprès des agents de l’ONF pour limiter les travaux sylvicoles sous les falaises pendant la période de nidification
  • Participation à la mise en place d’une réglementation relative à la pratique des loisirs de plein air, en partenariat avec certaines communes et associations
  • Renforcement de la surveillance des sites de nidification avec la participation des membres de la LPO Alsace

Elle coordonne également le suivi des couples nicheurs dans le massif vosgien et en Alsace.

Ce suivi est assuré essentiellement par les ornithologues bénévoles des associations. Ce sont ainsi près d'une centaine d'observateurs qui contrôlent les aires et communiquent leurs informations chaque année. Plusieurs coordinateurs bénévoles* se chargent de recueillir les informations et d'animer le réseau d'observateurs par zone géographique.

 

(*) Les coordinateurs  :

Jean-Marie BALLAND (LPO Vosges) pour le département des Vosges
Denis DUJARDIN (LPO Alsace) pour les Vosges moyennes bas-rhinoises
Jean GUHRING (LPO Alsace) et Arnaud FOLTZER (PNRBV) pour les Vosges haut-rhinoises
David HACKEL (LPO Moselle) pour la Moselle
André LUTZ (LPO Alsace - SOS Faucon pèlerin-Lynx), Jean-Claude GENOT et Sébastien MORELLE (SYCOPARC) pour les Vosges du Nord
François REY-DEMANEUF (LPO Franche-Comté) pour le territoire de Belfort et la Haute-Saône
Marie-France CHRISTOPHE et Olivier STECK (LPO Alsace) pour les centres urbains et la plaine bas-rhinoise

 

La coordination globale est assurée par Sébastien DIDIER (LPO Alsace).

 

En savoir plus sur les actions menées :
Sébastien Didier
Coordination, suivi, études rapaces
Tél. : 03 88 22 07 35
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Présentation des espèces

Les pies-grièches grise et à tête rousse sont des passereaux de taille modeste, avec une tête relativement importante par rapport au corps. Les deux espèces possèdent un bec massif fortement crochu qui leur permet de dépecer ou décortiquer leurs proies, qui sont au préalable empalées sur une épine ou un fil de fer barbelé.

Pie-grièche grise - Photo Vadim HeuackerPie-grièche grise - Photo Vadim Heuacker
La pie-grièche grise est un migrateur partiel, dont la population la plus importante niche en Europe du Nord et qui est quasiment sédentaire en Alsace. La pie-grièche à tête rousse est quant à elle un migrateur transsaharien, qui vient nicher en Alsace à partir du mois de mai.

La pie-grièche grise fréquente les milieux semi-ouverts, composés de prairies, de pâturages, de bosquets et de vergers, et construit son nid aussi bien dans des buissons que dans des arbres de haute taille. Son régime alimentaire se compose à 95% de micromammifères (majoritairement de campagnols). Elle peut compléter son alimentation par des passereaux, des lézards ou des amphibiens.

 

La pie-grièche à tête rousse se nourrit presque exclusivement d’insectes : coléoptères, orthoptères, hyménoptères, lépidoptères… capturés en vol ou au sol. Quelques escargots ou lombrics peuvent compléter son menu. Dans nos régions, elle fréquente essentiellement les vergers pâturés, avec une préférence, comme support pour son nid, pour les poiriers, les pommiers ou les quetschiers ; la présence du bétail dans ce type de vergers à hautes tiges traditionnel permet, d'une part, le maintien d'une plus grande diversité de proies, d'autre part, l'"entretien" naturel d'une herbe rase, ce qui favorise la recherche et la capture des proies.

Statut

Les deux espèces sont protégées par l’arrêté ministériel du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection (abrogation de l’arrêté ministériel modifié du 17 avril 1981) et sont inscrites en annexe 2 de la convention de Berne.

Au niveau de la Liste Rouge en Alsace, la pie-grièche grise figure dans la catégorie des espèces « Rares Â» et la tête rousse dans la catégorie « En danger Â» (ODONAT, 2003).

 


Population / Effectifs

Les deux espèces connaissent une forte baisse de leur population en Alsace.

La pie-grièche grise est surtout une espèce d’Europe septentrionale et centrale. Un déclin modéré a été constaté entre 1970 et 1990 et concerne la plupart des pays d’Europe. Entre 1990 et 2000, les populations en déclin sont surtout localisées en Europe occidentale. En France, l’espèce est en régression depuis plus d’un siècle, mais c’est à partir des années 1960 que le déclin s’est affirmé. En 2009, une nouvelle enquête a montré une diminution dramatique des effectifs montrant qu’en 15 ans, l’effectif français s’est réduit des trois quarts.

Pie-grièche à tête rousse - Photo Jean-Marc BronnerPie-grièche à tête rousse - Photo Jean-Marc Bronner
En Alsace, la pie-grièche grise niche depuis longtemps. Au 19ème siècle, elle est signalée en de nombreux endroits, notamment dans les rieds, les vergers et le Sundgau où elle n'est pas rare. Puis les populations ont régulièrement chuté, l’oiseau désertant complètement certains secteurs. Une régression forte et continue affecte la population régionale depuis les années 1970. La situation s’est accélérée ces dernières années et depuis 1998, l’Alsace a perdu 70 à 80 % de ses effectifs, aujourd’hui surtout localisés dans le nord-ouest du Bas-Rhin.

 

La pie-grièche à tête rousse, d’affinité méditerranéenne, connaît une situation encore plus dramatique, avec un déclin à l’échelle européenne à partir de années 1970. En France, une forte régression a même été constatée dès les années 1960. En Alsace, l’espèce était bien présente et au 20e siècle, elle ne semblait pas rare autour de Strasbourg ni de Colmar, puis sa population a suivi la tendance nationale. Au milieu des années 1980, l’enquête ne montrait plus que 4 secteurs où l’espèce était présente, avec au plus 60 à 90 couples. La situation s’est sensiblement dégradée depuis. Aujourd’hui, tous ses effectifs se cantonnent au nord-ouest de l’Alsace avec une population totale de 15 à 25 couples. En deux décennies, elle aura ainsi diminué de près des 3/4 de ses effectifs.

Les menaces

Les deux pies-grièches sont des oiseaux typiques de milieux agricoles extensifs semi-ouverts. L’entretien régulier des paysages qu’elles fréquentent, notamment en période de reproduction, est un paramètre indispensable à leur survie. Elles répondent en effet rapidement aux modifications de leurs biotopes et aux changements des pratiques d’exploitation. Elles sont de ce fait très menacées par les multiples dégradations des paysages agricoles traditionnels : disparition des vergers due au développement de l’urbanisation, intensification des pratiques agricoles (disparition des haies, prairies et pâturages ; utilisation de pesticides), abandon des vergers… A cela s’ajoutent les dérangements liés aux activités de loisir. La protection et la restauration des biotopes paraissent donc indispensables et urgentes à la conservation de ces oiseaux.

 

 

 


Un plan d’actions en faveur des pies-grièches

 Pour enrayer ce déclin un plan national d’actions a été initié en 2011, et une déclinaison régionale a été rédigée par la LPO Alsace suite à une proposition de la DREAL Alsace.

Les enjeux de ce plan de conservation régional sont :

  • l’amélioration des connaissances (répartition et effectifs des deux espèces, états de conservation des biotopes, causes de régression…)
  • la conservation et la restauration des biotopes
  • la sensibilisation des acteurs concernés et du grand public (promouvoir l’agriculture extensive…)

La durée du plan est fixée à 5 ans et un bilan final, précédé de synthèses intermédiaires, devra être établi au terme de cette période.