L’Etat, la Région Alsace et Voies Navigables de France (VNF) ont inscrit la restauration du canal du Rhône au Rhin entre Artzenheim (68) et Friesenheim (67) au contrat de plan Etat - Région Alsace 2000-2006. Les travaux devaient permettre la réouverture de ce tronçon à la navigation, notamment au tourisme fluvial. Depuis, suite à des péripéties financières, seule la piste cyclable a été mise en place au cours de l'année 2011. Ces travaux, pilotés par le CG 67 et Voies Navigables de France, ont un impact réel sur la nature des berges, mais grâce à l'action des associations, la piste cyclable emprunte le chemin de service. Le côté Est du canal garde ainsi sa vocation de corridor écologique.

Fuligules morillons - Photo Jean-Marc BronnerFuligules morillons - Photo Jean-Marc Bronner Ce canal est au cœur de plusieurs zones de grand intérêt écologique. On peut ainsi noter la présence de la forêt de protection de Marckolsheim, de sites proposés au titre des Directives Oiseaux et Habitats (ZPS et ZSC du réseau Natura 2000) ou encore des Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF de type I et II).

Le canal du Rhône au Rhin est une zone refuge, de nourrissage et de nidification pour bon nombre d’espèces tant terrestres (insectes, rongeurs, oiseaux, petits mammifères, chevreuils, etc.) qu’aquatiques (poissons, amphibiens, larves de libellules, etc.) et une  zone d’hivernage secondaire du Rhin pour certains oiseaux d’eau (fuligule morillon, canard colvert, grèbe castagneux, martin-pêcheur,…).

Et surtout c'est un lien essentiel entre les différents espaces naturels aujourd’hui isolés les uns des autres par l'extension des champs de maïs et constitue ainsi un corridor écologique « trame verte  » important au sein de la plaine d’Alsace.

La richesse du canal en terme d’habitats pour la faune est étroitement liée à la variété de la végétation le long de son tracé. Cette diversité, avec la présence d’arbres de haut jet, favorise la présence de nombreux animaux, en particulier lors de la traversée de zones non forestières tandis que la présence de contre-fossés en eau constitue également un enjeu de biodiversité important pour les amphibiens, les libellules et pour certains oiseaux tels que le martin-pêcheur ou les rapaces.

Il y a quelques années, les promoteurs d’une telle opération auraient probablement peu pris en compte la protection de la nature. Par l’engagement d’Alsace Nature et de la LPO, ce projet, qui aurait pu être une catastrophe écologique, est devenu un projet précurseur pour la prise en compte de la biodiversité, malgré des atteintes environnementales non négligeables.

Canard colvert - Photo Jean-Marc BronnerCanard colvert - Photo Jean-Marc Bronner Le projet comprend désormais :

  • La restauration d’un chemin de service sur une seule berge, destinée à la mise en place d'une piste cyclable, afin de préserver l’écosystème de l’autre berge,
  • La création de trois frayères d’environ 50 m de longueur chacune en marge du chenal navigable
  • le renforcement de la végétation des bords de rive et de l’élargissement de Zelsheim
  • La réalisation d’un plan de gestion pluriannuel du canal et de son écosystème, initialisé par la Fédération départemenale des pêcheurs et par la LPO.

 


Ces mesures devraient permettre de préserver l’essentiel des habitats nécessaires à l’avifaune présente et favoriser, par la création de zones humides annexes, la sauvegarde des espèces aquatiques.