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Grand-duc d’Europe

Le grand-duc d’Europe, un hibou, est le plus grand rapace nocturne d’Europe : on peut le surnommer le «roi de la nuit», car c’est lui le superprédateur nocturne.

Présentation de l’espèce

Jeune tout récemment envolé - Photo Yves Muller

Jeune tout récemment envolé - Photo Yves Muller

Le grand-duc est facilement reconnaissable à sa taille impressionnante (envergure de 155 à 180 cm et poids jusqu’à 3,25 kg pour la femelle). Il se situe au sommet de la chaîne alimentaire et peut consommer toutes sortes de proies de taille très variable, du campagnol au jeune renard, en passant par le rat surmulot, le faucon pèlerin, la corneille ou le hérisson.

Sédentaire toute l’année, il fréquente les milieux ouverts ou semi-ouverts pour se nourrir, mais niche dans des sites rupestres comme des carrières ou des parois rocheuses envahies par des herbes hautes afin de pouvoir se cacher. Malgré sa taille, il reste très discret.

 

Statut juridique et liste rouge

Le grand-duc d’Europe fait partie des espèces strictement protégées au regard de la loi du 10/7/1976. Il est inscrit sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs d’Alsace avec un statut « vulnérable ».

Il figure sur la directive oiseaux niveau I et bénéficie d’une mesure de protection au niveau national également de niveau I.

 


Population

Historique

Disparu de notre région dans la première moitié du XXème siècle, le grand-duc a été réintroduit avec succès à partir des années 1970. Les auteurs du XIXème siècle le signalent sédentaire dans les Hautes-Vosges, mais Schneider précise déjà qu’il est devenu rare. Il niche encore en 1906 et 1914 sur la commune de Ban-sur-Meurthe dans le département des Vosges et après la guerre 1914-18 dans les rochers de Wildenstein, Haut-Rhin. C’est ici que l’espèce aurait disparu de notre territoire avec le tir d’un dernier spécimen en 1938.

Sa réintroduction est tentée une première fois en 1972 avec le lâcher de deux jeunes près de Barr. Elle a été interrompue par la suite à la demande du FIR (Fonds d’Intervention pour les Rapaces) qui souhaitait protéger les derniers faucons pèlerins présents sur le massif vosgien, cette espèce figurant parmi les proies potentielles du grand-duc.

Les tentatives suivantes eurent lieu dans le sud du département à partir de 1977, avec la mise en liberté d’une quinzaine d’individus dont des couples avec des jeunes, sous l'impulsion de Michel Heyberger. A la même époque, d’autres oiseaux furent introduits dans le Jura suisse. Ces lâchers ont permis l’installation de 2 à 3 couples dans ce secteur et une première nidification alsacienne est constatée en 1985 avec 3 jeunes à l'envol.

Les réintroductions massives de grands-ducs en République Fédérale Allemande (1400 individus lâchés de 1964 à 1986) sont sans doute à l’origine des oiseaux observés dans les Vosges du Nord, avec une première nichée de 4 jeunes à l’envol en 1986.

Effectifs actuels

Une population d’une dizaine de couples occupent les Vosges du Nord et quelques couples ont colonisé les Vosges du Sud depuis 2005. D'autres se sont installés récemment sur le piémont vosgien dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. L’espèce est toujours présente dans le Jura alsacien, mais en faible effectif (1 à 2 couples), compte tenu de la petite surface de cette région naturelle.

 

La présence du grand-duc ne pose plus de problèmes majeurs vis à vis du faucon pèlerin, ce dernier ayant bien reconstitué ses effectifs grâce aux actions de protection.

De nombreux sites favorables au grand-duc existent dans le massif vosgien et on peut s’attendre à une lente expansion de l’espèce.

 


Facteurs de menace

La principale menace est la pratique non maîtrisée de loisirs de plein air susceptibles de provoquer des dérangements dans les falaises, comme l’escalade, le deltaplane et le parapente. Une concertation avec tous les acteurs est ici indispensable. Une autre préoccupation vient des risques d’électrocution et de percution avec les lignes aériennes au vu de l’envergure impressionnante de l’oiseau.

Les dérangements par des naturalistes et des photographes animaliers peu respectueux des distances d’observation, peuvent constituer une autre menace pour ce magnifique oiseau rare.

 


Etudes et protection

La LPO Alsace a initié plusieurs actions en faveur du grand duc d’Europe :

  • Suivis des sites afin d’assurer leur tranquillité pendant la période de nidification
  • Conseils auprès des agents de l’ONF pour limiter les travaux sylvicoles sous les falaises pendant la période de nidification
  • Participation à la mise en place d’une réglementation relative à la pratique des loisirs de plein air, en partenariat avec certaines communes et associations
  • Renforcement de la surveillance des sites de nidification avec la participation des membres de la LPO Alsace



Mise à jour le 04-12-2008