Pourquoi créer des comités d’homologation ?

Presque tous les pays d’Europe et la majorité des régions françaises possèdent des comités d’homologation. Pourquoi ? Est-ce uniquement « pour tracasser » les naturalistes ?

 

Phalarope à bec large - Photo Eric BuchelPhalarope à bec large - Photo Eric BuchelEn toute science, un minimum de rigueur est nécessaire : les données brutes sur lesquelles s’appuie toute interprétation ultérieure, doivent impérativement être fiables. Et pour cela, il est nécessaire de vérifier les données.

Dans le domaine de l’identification, les mentions d’espèces très rares ou d’apparitions irrégulières, que ce soit à l’échelle d’un pays (comité national) ou d’une région (comité régional), ne peuvent pas être acceptées sur la simple affirmation d’un observateur, aussi convaincu et sincère soit-il. Tous les naturalistes ont eu l’occasion de faire des erreurs de détermination, surtout peu après l’achat de leur première paire de jumelles ! L’expérience limite les risques, mais elle ne suffit pas toujours. Certaines espèces sont très difficiles à identifier : on peut l’oublier, ne pas en avoir conscience ou encore, être trop sûr de soi… Aussi serait-il présomptueux de se croire à l’abri d’une erreur de détermination et le contrôle des observations les plus « extraordinaires » doit être accepté par tous. Dans ce contexte, il ne faut jamais perdre de vue deux points essentiels :

  • ce n’est pas l’observateur qui est jugé, mais l’observation ;
  • tout observateur, quelles que soient son expérience, ses responsabilités, ses fonctions, y est soumis.

Labbe parasite - Photo Cathy ZellLabbe parasite - Photo Cathy Zell

 

Le naturaliste qui a une observation à homologuer, remplit une fiche standard, qu’il transmet au secrétariat de son association : celui-ci répercute la donnée au Comité d’Homologation concerné (national ou régional selon le cas)

L’animal observé doit être scrupuleusement décrit (couleur, taille, silhouette, comportement, etc.). Il ne suffit pas de dire, comme c’est beaucoup trop souvent le cas : « comme dans le Guide » ou « c’était ça, j’en suis sûr, parce que je connais ». De telles données n’ont aucune chance d’être prises au sérieux et encore moins d’être acceptées.

 

 


Le Comité d’Homologation Régional (CHR) 

Glaréole à collier - Photo Rémi RuferGlaréole à collier - Photo Rémi Rufer

 

Instauré officiellement en 1987, il est composé de 8 membres. Son fonctionnement est calqué sur celui du Comité National. Les résultats d’homologation sont publiés dans la chronique ornithologique régionale.

 

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Le Comité d’Homologation National (CHN)

Bécasseau maubèche - Photo Jean-Marc BronnerBécasseau maubèche - Photo Jean-Marc Bronner Mis en place en 1983, il est actuellement composé de 8 membres et d’un secrétaire. Chaque membre donne son avis sur la donnée à homologuer : celle-ci est acceptée lorsqu’il y a 8 avis positifs, discutée lorsqu’il y a 6 ou 7 avis positifs, refusée lorsqu’il y a moins de 6 avis positifs. Toute donnée refusée peut faire l’objet d’un deuxième tour, voire d’un troisième, si des éléments d’information complémentaires sont présentés.

Les résultats d’homologation nationale sont publiés tous les ans dans la revue d’ornithologie de terrain de la LPO France "Ornithos", et sont retranscrites dans la chronique ornithologique régionale.

 

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